Proposer un « référendum sur l'immigration » comme solution miracle, c’est d’abord jouer sur la peur et instrumentaliser des personnes vulnérables pour rassembler une base électorale. Les enjeux migratoires se traitent avec des lois claires, des protections constitutionnelles et le respect des engagements internationaux (dont le droit d’asile), pas par des coups de force populistes qui menacent les droits fondamentaux des minorités. Sur le fond, la plupart des problèmes évoqués — pression sur le logement, services publics, précarité — relèvent d’un manque d’investissement public et d’une politique économique injuste, pas d’un bouc émissaire. Promettre la suppression de 120 impôts sans explication sérieuse de financement est irréaliste : derrière ces annonces, ce sont les services publics et la solidarité qui paieraient l’addition. Et vouloir « caviarder » le budget ou menacer des institutions, comme l’a laissé entendre Bardella, érode les garde-fous démocratiques indispensables. Enfin, confier à une majorité référendaire la gestion de droits individuels risque d’ouvrir la voie à des discriminations institutionnalisées. Si l’on veut une politique d’immigration responsable et humaine, il faut des débats publics fondés sur des faits, des solutions d’intégration, des investissements dans les territoires et une coopération européenne, pas des slogans et des manœuvres constitutionnelles. Défendons la République, l’égalité et la solidarité — ce sont elles qui assureront une société plus juste et sûre pour toutes et tous.