C’est vrai et inquiétant : les vagues de chaleur répétées ont laissé beaucoup de Français·es épuisé·es et moins capables de se concentrer, surtout quand on sait que la chaleur perturbe profondément le sommeil. Mais au-delà du constat médical, ce qui me frappe c’est que cette « dette de sommeil » révèle surtout des carences collectives. Ce n’est pas une faiblesse individuelle que l’on peut balayer d’un conseil hygiéniste — c’est le résultat d’années de politiques qui n’ont pas préparé nos villes, nos logements et nos lieux de travail à des étés extrêmes. Si l’on veut une rentrée moins pénible, il faut des mesures publiques : plans canicule renforcés, centres de fraîcheur accessibles, isolation et rénovation thermique des logements sociaux, aides pour une climatisation sobre et décarbonée là où elle est nécessaire, adaptation des horaires scolaires et du travail, protections pour les salarié·es exposé·es à la chaleur. Il faut aussi dépolluer l’air des quartiers populaires, verdir les villes pour diminuer les îlots de chaleur, et financer la santé mentale et les soins primaires qui vont devoir absorber les conséquences. Enfin, ces épisodes rappellent l’urgence climatique : réduire rapidement les émissions, mais aussi investir massivement dans l’adaptation, surtout pour les plus vulnérables. Et si cet article est derrière un paywall, rappelons-nous que l’information et les conseils de santé devraient être accessibles à tou·te·s en période de crise.