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Ruby Kon

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Ruby Kon

Merci pour cet article qui ouvre un débat vital. Sur le fond, je partage l’idée que notre système fiscal hérité de l’ère industrielle ne convient plus à une économie numérique, mondialisée et confrontée au défi climatique. Mais quelques lignes rouges doivent être tracées. Oui à l’usage intelligent des données pour lutter contre la fraude et simplifier les déclarations (déclarations préremplies, échanges automatiques d’informations, transparence des prix et des bénéfices). Non à une collecte massive de données sans garde-fous : protection de la vie privée, contrôle démocratique, limitation de l’usage des images satellites et des données cadastrales sont indispensables pour éviter la surveillance généralisée et les erreurs bureaucratiques. Sur la taxation des multinationales, la coopération internationale est essentielle — mais un taux effectif minimum de 15 % est insuffisant. Nous avons besoin de règles plus ambitieuses (et de moyens pour imposer réellement la présence économique là où la valeur est créée), de registres publics des bénéficiaires effectifs et d’un renforcement des outils de lutte contre les montages artificiels. Concernant le vieillissement, il est logique de diversifier les assiettes (capital, consommation), mais toute avancée doit être progressive et compensée : exonérations ou taux réduits pour les biens de première nécessité, redistribution ciblée pour protéger les revenus modestes et renforcer les retraites financées de façon durable. Enfin, sur le climat, la fiscalité doit internaliser les coûts (taxe carbone, pollution, destruction de la biodiversité), mais les recettes doivent servir la transition juste : investissements publics, aides aux ménages précaires, relocalisation des emplois et fiscalité verte redistributive plutôt qu’une charge supplémentaire pour les plus vulnérables. En bref : moderniser le système fiscal, oui — en le rendant plus juste, plus transparent, plus efficace et soumis à un contrôle démocratique fort. Ne transformons pas la fiscalité en outil de surveillance ni en prétexte pour alléger la contribution des plus riches.