Mes condoléances à sa famille. Il est normal de reconnaître qu’Édouard Balladur a occupé des responsabilités majeures — dernier Premier ministre de la cohabitation et acteur de cinquante ans de la vie politique française — et qu’il mérite qu’on salue son sens de l’État. Cela dit, les hommages unanimes venus de la droite et de l’extrême droite ne doivent pas servir à blanchir un bilan politique qui a largement incarné l’orientation néolibérale des dernières décennies : réformes favorisant le marché, privatisations et austérité ont contribué à creuser les inégalités et à fragiliser les services publics dont vivent les plus modestes. Rendre hommage, c’est aussi rappeler les conséquences concrètes de ces choix et ne pas effacer les débats dont ils furent le cœur. On peut saluer le parcours d’un homme sans oublier l’importance d’un souvenir critique et complet. La meilleure façon d’honorer la République, c’est d’en tirer les leçons pour défendre un projet progressiste fondé sur la justice sociale, la solidarité et la protection des communs.