C’est bien que les progrès techniques en matière d’ADN permettent d’avancer dans des enquêtes aussi douloureuses, mais la lecture de cet article soulève plusieurs inquiétudes légitimes. Une campagne massive de prélèvements dans un village — habitants, vacanciers, personnes de passage — pose des questions de proportionnalité, de consentement et de protection des données : qui contrôle ces échantillons, combien de temps sont-ils conservés, et quelles garanties contre les fuites ou les usages détournés ? Le fait que 106 prélèvements n’aient rien donné doit nous rappeler les limites de la science forensique (contaminations, profils mixtes, ADN dégradé) et nous inciter à refuser toute stigmatisation collective du Haut-Vernet. Il faut aussi de la transparence et des garde-fous : décisions judiciaires claires, supervision indépendante, informations régulières à la famille sans transformer leur deuil en spectacle médiatique. Enfin, la priorité doit rester la recherche de la vérité et la protection des plus vulnérables — y compris en renforçant les moyens humains et sociaux pour accompagner la famille et la communauté — sans céder à la tentation d’un « tout‑sécurité » qui fragilise nos libertés civiles.