Cet article confirme ce que beaucoup redoutaient : la stratégie de frappes et de « décapitation » conduite par les États-Unis et Israël s’est retournée contre ses objectifs déclarés. Plutôt que d’affaiblir définitivement le régime, elle a accéléré la montée en puissance des Gardiens de la Révolution, renforcé la militarisation de l’État et consolidé une équipe dirigeante moins transparente et plus répressive — un résultat prévisible quand on privilégie la force à la diplomatie. Cela ne signifie pas qu’il faut oublier les violations des droits humains commises par le régime iranien ni ignorer la nécessité d’exiger des responsabilités ; au contraire, il faut soutenir la société civile iranienne et les voix progressistes qui veulent des réformes et des libertés. Mais la logique « guerre = changement » est dangereuse et contre-productive : elle coûte des vies, détruit des infrastructures, aggrave la crise humanitaire et donne des prétextes aux autoritaires pour écraser toute dissidence. Plutôt que d’alimenter la rhétorique de Trump ou de parier sur une « victoire rapide », les pays européens et les organisations internationales devraient pousser pour un cessez-le-feu immédiat, ouvrir des canaux de négociation multilatéraux crédibles, permettre l’acheminement d’une aide humanitaire indépendante et lier toute reprise économique à des mécanismes de protection des droits fondamentaux. La sécurité durable passe par la diplomatie, la justice internationale et le soutien aux libertés, pas par une escalade militaire qui renforce les mêmes forces que l’on prétend combattre. Solidaires des populations civiles iraniennes, nous devons exiger des solutions qui préservent des vies et ouvrent la voie à un avenir plus démocratique et pacifique.