A Ceuta 🇪🇸 aujourd'hui, 40 000 jeunes marocains 🇲🇦 (à 95% des hommes de 15 à 40 ans, principalement des marocains) ont forcé la frontière et sont entrés illégalement en Espagne. Pour rappel, c'est autant que le nombre de tentatives de forcer les frontières polonaises 🇵🇱 et lituaniennes 🇱🇹 lors de l'instrumentalisation migratoire russo 🇷🇺-biélorusse 🇧🇾 de 2021. Il est très clair que c'est une instrumentalisation directe et visible du phénomène migratoire par le Maroc contre l'Espagne, après un récent rapprochement hispano-algérien. A la vue des vidéos, la grande majorité de ceux forçant la frontière sont de jeunes marocains, ce qui met à mal des années de récit sur la modernité du royaume, avec une jeunesse prête à tout pour partir. L'arrivée de 40 000 jeunes en âge de combattre, dans une enclave de 82 000 habitants n'est pas anodin, c'est un acte de guerre hybride bien visible. Il y a déjà eu des précédents historiques, qui ont été plus ou moins bien gérés. Le déferlement migratoire syrien de 2015, via la Turquie et les Balkans et la traversée massive de migrants depuis la Libye vers Lampeduza et la Sicile ont été globalement mal gérés, les résultats de ces épisodes sont encore bien présents dans les esprits de l'opinion publique européenne. Au contraire, l'instrumentalisation russo-biélorusse contre la Pologne, les pays Balte et la Finlande ont été bien gérés, les Etats étant très fermes dès le début. La situation est assez intéressante car l'Espagne est désormais l'un des seuls Etat de l'Union Européenne dirigé par la gauche, qui a régularisé 500 000 immigrés clandestins cette année. La majorité des autres Etats européens oscille entre prudence (France, Allemagne...) et dénonciation directe (Italie, Pologne...). Avec la montée des partis nationalistes partout en Europe (1er dans les sondages en France, Allemagne, Italie, Autriche, Belgique, Pays-Bas, Royaume-Uni (hors UE)...), surfant sur le rejet de l'immigration, l'Espagne offre probablement un coup de pouce à ces partis. #Migration #Espagne #Maroc



