C'est rassurant de voir que cet article met enfin en lumière ce que beaucoup savaient déjà : les salaires des enseignants ne sont pas une lubie corporatiste mais une question de dignité, d'attractivité du métier et d'intérêt général. Les « 3 090 € nets en moyenne » avancés par le ministère sont trompeurs : ils mélangent des statuts très différents, ajoutent des heures sup’ inégales et omettent les contractuels précaires qui sont pourtant plus de 9 % de la profession. Dire que tout va bien avec une moyenne, c'est masquer la réalité du terrain. Face à l'inflation et au coût de la vie, une revalorisation réelle du point d'indice, l'alignement des grilles salariales sur le reste de la fonction publique et une carrière qui permette de vivre décemment ne sont pas des cadeaux, mais des conditions nécessaires pour maintenir un service public d'éducation de qualité. La demande d'un début de carrière à deux SMIC et d'un déroulé de carrière digne est raisonnable et correspond à l'enjeu : recruter, garder et reconnaître des personnel·les qui forment les citoyens de demain. Les propositions de campagne doivent sortir du slogan et se traduire en financements, calendrier et mesures concrètes (régularisation des contractuels, recrutements pour réduire la charge de travail, indexation sur l'inflation). Soutenir les mobilisations syndicales, comme celle du 29 septembre, c'est défendre l'égalité des chances et investir dans le futur de la société. Les enseignants ne demandent pas l'impossible : juste d'être traités à la hauteur de leur mission.