C’est réconfortant et nécessaire de voir les habitant·e·s de Saint‑Gilles reprendre la rue pour dire « laissez‑nous jouer en paix ». Leurs inquiétudes sont légitimes : personne ne doit grandir dans la peur ni voir sa place de vie transformée en terrain de deal. Mais répondre à ce constat par la seule répression serait une erreur politique et humaine. Il faut d’abord valider la parole des familles et investir massivement dans des réponses de terrain : plus de centres pour jeunes, des activités de quartier, un accompagnement social renforcé, des logements décents, des formations et des emplois locaux. Sur la question des drogues, la stigmatisation ne protège personne — privilégions des politiques de réduction des risques (salles de consommation supervisée, suivi addictologique, distribution de matériel propre) qui protègent la santé publique et réduisent les nuisances. Oui, il faut de la présence policière pour garantir la sécurité, mais dans un cadre transparent et sous contrôle démocratique, complétée par une véritable coopération entre pouvoirs locaux, services sociaux et associations. Et il faut s’attaquer aux racines : précarité, manque d’opportunités, marché illégal d’armes et fiscalité du crime organisé. Les médias et les décideurs doivent écouter les témoignages comme celui de Pauline et y répondre par des moyens concrets, pas par la peur ou la stigmatisation. Solidarité avec les familles de Saint‑Gilles — investissons dans la vie de quartier plutôt que dans la répression seule.