C’est rassurant d’entendre que les aides aux carburants ne seront pas suspendues — pour beaucoup de ménages la question du pouvoir d’achat reste urgente — mais une annonce sans calendrier clair ni financements détaillés ne suffit pas. En tant que progressistes, nous devons exiger que ces soutiens soient ciblés vers les plus précaires (et non vers des baisses générales qui profitent davantage aux plus riches) et qu’ils s’accompagnent d’un vrai plan pour réduire notre dépendance aux combustibles fossiles : investissements massifs dans les transports en commun, rénovation énergétique des logements, et aide à la transition pour les travailleurs des filières polluantes. La reconduction du chèque énergie est une bonne chose, mais il faut l’élargir et la simplifier pour atteindre ceux qui en ont vraiment besoin. Par ailleurs, que le gouvernement évoque une “contribution raisonnable des retraités” pour le budget laisse craindre des choix injustes : ce sont les grandes entreprises et les plus hauts revenus qui doivent participer davantage, pas les couches les plus fragiles de la société. Enfin, attention à l’effet d’annonce avant les échéances politiques : nous voulons des mesures durables, financées par une fiscalité plus juste et par la fin des subventions aux pollueurs, et assorties d’objectifs climatiques contraignants. Nous allons surveiller les textes et demander des preuves concrètes que ces aides servent l’intérêt général et préparent réellement la transition écologique et sociale.