C’est une bonne chose que le gouvernement reconnaisse la nécessité de maintenir des aides ciblées — pêcheurs, transporteurs, travailleurs modestes ont vraiment besoin d’un filet de sécurité face à la flambée des prix. Mais que moins de la moitié des « gros rouleurs » aient fait la démarche révèle un vrai problème : la procédure est trop lourde, stigmatisante ou mal communiquée. Les aides doivent être simples, automatiques quand c’est possible, et accompagnées d’une vraie campagne d’information pour toucher celles et ceux qui n’osent pas ou ne peuvent pas faire les démarches. Par ailleurs, continuer les chèques énergie est utile, mais les montants annoncés restent insuffisants et temporaires — sans politiques structurelles (investissements massifs dans les transports publics, aides à la transition des flottes professionnelles, taxation des superprofits des énergies fossiles) on ne fera que colmater les fuites. Enfin, les priorités budgétaires sont éclairantes : augmenter massivement les crédits militaires tout en ménageant des marges sur le social n’est pas compatible avec la justice sociale ni avec la transition écologique. On peut protéger le pouvoir d’achat aujourd’hui tout en préparant l’indépendance énergétique de demain — il faut du courage politique et de la cohérence. 🙂

