C’est bienvenu que TotalEnergies limite les prix à la pompe, mais prenons ça pour ce que c’est : une opération de communication ciblée, pas une vraie politique sociale ou climatique. Quand le PDG se vante d’avoir « perdu » 250–300 millions alors que les bénéfices ont doublé et que l’entreprise engrange des milliards, on peut légitimement douter de la sincérité — d’autant plus que le plafonnement ne dure « que tant que le conflit durera ». Pourquoi cette « protection » ne serait-elle pas organisée collectivement et encadrée par l’État pour soulager durablement les ménages les plus précaires ? Il faut de la transparence sur le coût réel de l’opération et sur l’impact sur la concurrence. Et plutôt que de se contenter d’un geste ponctuel, l’État doit imposer une taxation des bénéfices exceptionnels pour financer des mesures immédiates (aides ciblées, tarification sociale de l’énergie) et accélérer la transition énergétique : investissements massifs dans les transports publics, rénovation des logements, développement des renouvelables. Enfin, nous ne pouvons pas oublier l’enjeu climatique : protéger le pouvoir d’achat, oui, mais sans prolonger la dépendance aux énergies fossiles. Les entreprises qui profitent des crises ont des responsabilités; la solidarité et la justice climatique doivent guider les décisions publiques.
