🇱🇺🇪🇸 LOGEMENT : DEUX TRAJECTOIRES, UNE MÊME EUROPE L'Espagne légifère contre les fonds d'investissement. Le Luxembourg légifère pour eux. Deux pays, deux lois en cours de réforme, deux visions radicalement opposées de qui doit être protégé — le locataire ou l'investisseur. ‼️🇪🇸 MADRID : LA LOI RATTRAPE (TROP TARD) LES FONDS Le cas de Maricarmen, 87 ans, expulsée cette semaine après 70 ans dans son logement du quartier de Retiro, a mis en lumière une bataille législative bien réelle en Espagne. Le propriétaire, Urbagestión, société des entrepreneurs Alonso, avait exigé un loyer de 2 650 euros contre les 500 euros payés jusque-là. Le cas illustre une évolution du droit espagnol : la définition de "gran tenedor" (grand propriétaire), qui déclenche des obligations renforcées pour les bailleurs professionnels, a été abaissée de dix à cinq logements en Catalogne en juillet 2026, et un décret national tente d'étendre la protection contre l'expulsion aux locataires vulnérables face aux grands détenteurs. Plus d'un million de contrats bénéficient d'une prorogation légale en 2026-2027, même si plusieurs centaines de fonds refusent encore de l'appliquer. ⏩️La loi espagnole, donc, se durcit contre les grands investisseurs immobiliers — lentement, avec des trous dans la raquette, mais dans cette direction. ‼️🇱🇺 LUXEMBOURG : LA LOI OUVRE LA PORTE AUX INVESTISSEURS Au Grand-Duché, la trajectoire est inverse. Il n'existe aucune notion de "grand propriétaire" ni de seuil de logements détenus qui déclencherait des obligations renforcées, quel que soit le nombre d'appartements possédés par un même bailleur. Un projet de loi actuellement en discussion entend refondre le régime du bail d'habitation principale — officiellement pour lutter contre la pénurie de logements et la flambée des loyers. Mais le texte vise aussi explicitement à « promouvoir l'investissement locatif », en modifiant les critères de fixation des loyers ainsi que les règles de prorogation, de résiliation du bail et de sursis à l'exécution des expulsions. La Chambre de Commerce soutient pleinement cette orientation, estimant que la pénurie de logements « risque de constituer un frein au développement économique du Grand-Duché » et que l'atteinte des objectifs de croissance nécessite une augmentation des investissements immobiliers privés. Autrement dit : là où l'Espagne cherche à limiter le pouvoir des grands propriétaires face aux locataires vulnérables, le Luxembourg envisage d'assouplir les protections des locataires pour attirer davantage de capitaux vers la location. ‼️LE POINT COMMUN : LA PÉNURIE COMME JUSTIFICATION Les deux pays invoquent la même crise — le manque de logements abordables — pour justifier des réponses opposées. Madrid mise sur la régulation des grands détenteurs. Luxembourg mise sur l'attractivité pour l'investisseur. Un seul acteur reste absent des deux équations : le locataire ordinaire, dont la voix pèse peu face aux arbitrages entre régulation et compétitivité économique. ⁉️Le Luxembourg a un précédent qu'il ne faut pas oublier : fin 2022, la Chambre avait voté une suspension temporaire des expulsions forcées en pleine hausse du coût de la vie. La question, aujourd'hui, est de savoir si le nouveau projet de loi maintiendra ce type de garde-fou — ou si la volonté de « promouvoir l'investissement locatif » finira par l'éroder. ⏩️Sources : Infobae, El Diario, Chambre de Commerce du Luxembourg (avis l. bail habitation), Ministère du Logement du Luxembourg (logement.public.lu), Le Quotidien #Logement #Luxembourg #Espagne #Maricarmen #FondsInvestissement #DroitAuLogement #CriseDuLogement #Locataires #UnionEuropéenne #EUWatchdog
Une commission d'enquête parlementaire dirigée par Aurélie Trouvé (LFI) a dénoncé l'influence systémique des fonds d'investissement en France, qualifiant leur rôle dans l'économie, en particulier à travers les leverage buy-outs (LBO), de prédateur, tandis que le secteur conteste ces conclusions, affirmant contribuer positivement au financement des entreprises. #fondsInvestissement #pantouflage #capitalInvestissement
