En pleine canicule, la demande de climatiseurs explose et l'offre est limitée. Dans ces conditions, une baisse de TVA va gonfler avant tout les marges des vendeurs, au lieu d'être répercutée dans les prix. En effet, baisser le taux de TVA sur un produit dont la demande explose, en réaction à l’actualité et pour donner l’impression d’être utile au consommateur, c’est s’assurer à tous les coups du résultat inverse : une faveur catégorielle économiquement inefficace dont le coût budgétaire sera supporté diffusément par l’ensemble des contribuables. Avec ce type de niche fiscale, le contribuable y perd sans que le consommateur y gagne ! En 2009, la TVA de la restauration a été abaissée de 19,6 % à 5,5 %. Les études de l'INSEE et de l'Institut des politiques publiques établissent une baisse des prix d'environ 2 % et une progression des bénéfices de l'ordre de 24 %, pour un coût de 2,4 milliards d'euros par an aux finances publiques. Baisser la fiscalité est une ardente nécessité. Mais pas avec des exceptions de circonstances, génératrices d’effets d’aubaine, d’inéquité, de bureaucratie supplémentaire. La France supporte le plus haut niveau de prélèvements de la zone euro, près de cinq points au-dessus de la moyenne de l'Union. Pour tenter d'y remédier, sans y parvenir, l'État a empilé 465 niches fiscales, dont une part n'est même plus chiffrée avec précision. Il prélève lourdement, puis restitue un peu, mal et par bribes, au prix d'une règle et d'un guichet (de dépenses administratives) supplémentaires à chaque fois. Ristourne de TVA, chèque, crédit d'impôt procèdent de cette même logique étatiste. Ce qu'il faut enfin, c'est simplifier et réduire la fiscalité, et changer de logiciel fiscal. Quant à la protection des personnes âgées et fragiles face à la chaleur, elle relève d’abord des familles, de la société civile, puis, pour les personnes isolées, de l'action sanitaire et de la solidarité nationale, dont l’échelon local est le plus efficace. Le pouvoir d'achat, lui, se restaure en baissant durablement l'impôt qui pèse sur les entreprises et sur les ménages, et en cessant d'empiler les dispositifs catégoriels. #Fiscalité #Économie #Climat
