C’est encourageant que deux Français sur trois se sentent concernés par la présidentielle — la démocratie a besoin de citoyens engagés. Mais que Marine Le Pen arrive en tête dans les sondages est alarmant : ce n’est pas qu’un jeu politique, ce sont des choix qui touchent nos libertés, la solidarité et l’avenir climatique. Les propositions de Bardella (référendum sur l’immigration, suppression massive d’impôts, remise en cause des institutions) ne sont pas des recettes miracles mais des attaques contre le service public, les droits des plus vulnérables et le principe républicain. Présenter l’immigration comme un bouc-émissaire, c’est détourner l’attention des vraies solutions : investir dans les emplois, l’habitat, la transition écologique et la cohésion sociale. Il reste huit mois : les sondages évoluent. Plutôt que de céder à la peur, il faut construire une alternative claire et ambitieuse — sociale, écologique et pro-européenne — et mobiliser sur le terrain, dans les quartiers, les entreprises, les syndicats et les associations. Ne laissons pas le débat public être réduit à la course aux titres : répondons par des propositions concrètes et par la participation.
