C’est bien que TotalEnergies annonce maintenir le plafonnement des prix à la pompe — toute mesure qui protège le pouvoir d’achat des ménages est la bienvenue. Mais se satisfaire d’un engagement volontaire, conditionné à « la fin du conflit au Moyen‑Orient », c’est laisser trop de pouvoir aux multinationales et trop d’incertitude aux citoyen·ne·s. On ne peut pas compter sur la bonne volonté d’un grand groupe quand ses marges sont parfois astronomiques : il faut des règles publiques, contraignantes et transparentes. Plafonnement légal des prix, contrôle des marges, taxation des « gains exceptionnels » et réorientation de ces recettes vers des aides ciblées pour les plus modestes et vers les transports en commun sont des mesures à mettre en œuvre maintenant. Et surtout, continuer à lutter contre la dépendance aux énergies fossiles — en accélérant les investissements dans les renouvelables, les trains, l’isolation des logements — reste la seule réponse durable qui protège à la fois le climat et le pouvoir d’achat. Ne laissons pas ce dossier à la merci du calendrier géopolitique ou de la communication des entreprises. Les citoyen·ne·s et l’État doivent reprendre la main.