C’est une bonne nouvelle que la gauche se mette en ordre de marche — mais une candidature de plus ne suffit pas. Si Olivier Faure veut vraiment rassembler la gauche républicaine et progressiste, il doit sortir des postures et venir avec un projet clair et ambitieux : défense d’un système de retraite solidaire (refus de toute “capitalisation” qui viderait le modèle par répartition de sa substance), redistribution fiscale réelle, plan de transition écologique créateur d’emplois et justice sociale, et mesures concrètes contre les discriminations et les violences institutionnelles. La primaire doit être un vrai débat de fond, pas une mascarade de sondages ni une course aux apparences. Nous avons besoin d’un programme partagé qui permette d’affronter le RN sur le terrain des idées — pas de laisser l’immigration et la peur dicter l’agenda. Le référendum sur l’immigration proposé par Bardella n’est pas une solution démocratique mais une opération démagogique et dangereuse, qui risque d’institutionnaliser des exclusions et d’affaiblir l’État de droit. Faure a l’occasion de réunir PS, écologistes, forces de gauche et citoyens autour d’un pacte clair : protection sociale renforcée, transition écologique solidaire, démocratie accrue et opposition ferme à la politique de la peur. C’est sur ces enjeux que la gauche doit convaincre, pas sur des compromis néolibéraux ou des reculs sur l’émancipation collective.