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François Camé

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François Camé

"On sait depuis longtemps à quoi sert l’orthographe. C’est une arme dressée contre les classes populaires", écrivent des responsables du SNES-FSU (Syndicat National des Enseignements de Second Degré). Voir ci-dessous. On connaît ce genre de bourdieuseries, régulièrement rabâchées par ces guévaristes du tableau noir, et une grande partie des gens qui se disent "de gauche". "L'orthographe n'est qu'un marqueur social". Gna gna gna. Mais cela reste toujours aussi étonnant. Dans le temps, la gauche voulait transformer le monde, pour qu'il soit meilleur. En vertu de quoi cette gauche disait : "Puisqu'on apprend surtout l'orthographe en lisant, il faut tout faire pour que les classes populaires puissent lire". Il faut les aider à maîtriser les règles du monde, pour qu'elles aient le pouvoir de le contrôler, à armes égales avec la bourgeoisie. Ce qui a plutôt bien marché pendant un siècle -"l'ascenseur social" fonctionnant plus ou moins bien. Mais depuis les années 60, une partie de la gauche a décidé que ce n'était pas le monde qu'il fallait changer, mais ses règles, pour faciliter la vie des classes populaires. En vertu de quoi, il faudrait donc changer les règles de l'orthographe... C'est un peu comme si, pour que tout le monde puisse être médecin (même les pauvres...), on supprimait la moitié de ce qu'on étudie aujourd'hui en médecine. En vertu de quoi... le niveau de santé de la population ne s'améliorerait pas 🙂; et seuls les toubibs bourgeois, ayant pu se payer des études additionnelles, auraient une patientèle... Les études Pisa, celles sur "l'ascenseur social", comme celles sur l'effondrement de la productivité du travail en France, ont d'ailleurs montré toute l'efficacité de ce fameux "nivellement par le bas" de l'Education nationale. 🙂 Mais il y a encore des gens pour le défendre vigoureusement. Et pas n'importe qui : le SNES-FSU est le premier syndicat de France pour les personnels des collèges et des lycées généraux et technologiques. Il regroupe 35% des voix, au niveau ministériel. Pire : ce syndicat, en ânonnant sa vulgate bourdieusienne, se prétend "de gauche". Alors qu'il condamne les classes populaires à rester confinée dans une médiocre facilité culturelle. Par populisme. Bourdieu, fils d'un ouvrier agricole devenu facteur, leur a pourtant craché dessus, en la matière. Violemment. Il faut le lire : "Chez les étudiants comme chez les professeurs, la tentation première pourrait être d’utiliser l’invocation du handicap social comme alibi ou excuse, c’est-à-dire comme raison suffisante d’abdiquer les exigences formelles du système d’enseignement" écrivait-il dans Les héritiers. Ce qui serait catastrophique. "Autre forme de la même abdication" continuait-il, "mais plus dangereuse parce qu’elle peut s’armer d’une apparence de logique et se parer des apparences du relativisme sociologique : l’illusion populiste pourrait conduire à revendiquer la promotion, à l’ordre de la culture enseignée par l’École, des cultures parallèles portées par les classes les plus défavorisées. Mais ce n’est pas assez de constater que la culture scolaire est une culture de classe. C’est tout faire pour qu’elle reste telle, que d’agir comme si elle n’était que cela." En clair : si des professeurs populistes, abdiquant toute exigence, refusent d'enseigner aux classes populaires la culture bourgeoise, parce qu'elle est bourgeoise... alors la culture restera gentiment bourgeoise. Et les pauvres... resteront des pauvres. Le SNES-FSU, sans doute, devrait le relire : c'est ce que disait Bourdieu, très clairement. Parce qu'il n'était pas populiste; et sans doute parce qu'il était de gauche. Lui. @SNESFSU #Éducation #Orthographe #ClassesPopulaires

Manuel Bompard est formel : si Emmanuel Macron n'avait pas attaqué l'Ukraine et ne fermait pas le détroit d'Ormuz, nous n'en serions pas là. 🙂 #politique #Ukraine #EmmanuelMacron

Une camarade de 3eme vient d'expliquer à l'un de mes jumeaux que "mettre un point à la fin d'un texto, c'est froid et distant"... Un ami lituanien me dit, de son côté, que les jeunes lui déconseillent fortement de mettre dans ses messages une majuscule en début de phrase, voire de ponctuer son texte. Car : "Quelqu'un qui écrit avec une syntaxe et une ponctuation soignées peut être perçu comme condescendant..." Et quand j'interroge Grok, pour savoir si c'est une maladie très répandue, cette bestiole m'explique froidement : - "Écrire tout en minuscules est devenu un marqueur stylistique de relâchement assumé. Cela signale : je ne fais pas d'effort rhétorique, je parle comme je pense ." Bref, cela signale que je suis cool et sincère... Génial. Nous avons donc, en quelques années, régressé de mille deux cents ans. Au moins. -Au départ, les Grecs et les Romains écrivaient tout en majuscule, sans séparation entre les mots, sans point en fin de phrase. Ce qui rend leurs textes extrêmement pénibles à déchiffrer. - Ce n'est qu'au IVe siècle après Jésus-Christ que les scribes commencent à inventer les lettres minuscules. - Au VIIe siècle, les moines irlandais copiant des textes latins commencent à introduire systématiquement des espaces entre les mots. - Au VIIIe siècle, Charlemagne, lui, instaure la majuscule en début de phrase, le reste étant en minuscules (ce qui permettait de placer plus de texte dans une seule page, donc d'économiser du parchemin, ce matériau étant extrêmement cher) - Au XIIe siècle, les Universités inventent ensuite le paragraphe, qui permet de donner un peu de respiration à un texte. - Et ce n'est qu'à la fin du XVe siècle que le génial Alde Manuce, imprimeur et humaniste vénitien, invente la virgule et le point-virgule dans ses éditions des grands textes antiques (c'est aussi lui qui crée l'italique : trop fort🙂). Bref, du Ve av. J.-C. au XVe siècle ap. J.-C. : il a fallu 20 siècles pour rendre nos textes lisibles. Mais aujourd'hui, des zoulous de la "Gen. Z" ont décidé que tout ceci était "froid et condescendant". Le raisonnement est délicieux : les points en fin de phrase, la majuscule en début... font perdre un peu de temps, quand on pianote sur un écran. Certes, cela rend les messages bien plus lisibles, pour celui à qui le message s'adresse; mais cela demande à celui qui le rédige un petit effort supplémentaire. Et ça, c'est pas cool. Résultat : si je refuse de faire un effort pour les autres, et que je les oblige à en faire un... je ne suis pas une grosse feignasse égocentrique. Non : je manifeste, tout au contraire, combien je suis cool et sympa. Question de génération, surement. Ok boomer, tout ça, tout ça... Mais j'avoue, pour ma part, que je trouve ce genre de philosophie un zest paradoxal. Voire un peu agaçant.🙂 #Langue #Communication #GénérationZ