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Mentions and quotes

Catherine Ringer est morte. J’ai 53 ans. Ça veut dire que, quelque part, j’ai toujours vécu avec sa voix. Cette voix impossible à confondre avec une autre. Une voix qui riait, griffait, provoquait, déraillait parfois, mais qui ne demandait jamais la permission. Catherine Ringer n’a jamais été lisse. Tant mieux. Elle avait sa gouaille, ses excès, ses contradictions, ses défauts aussi. Mais aujourd’hui, franchement, la mort peut bien nous autoriser à lui pardonner quelques écarts. Parce qu’avec Fred Chichin, elle avait fabriqué quelque chose qu’on ne savait même pas nommer. Ce n’était ni vraiment du rock, ni vraiment de la variété, ni vraiment autre chose. C’étaient les Rita Mitsouko. Et ça suffisait. Marcia Baïla, C’est comme ça, Les histoires d’Andy … Quelques secondes et toute une époque revient. Les fringues impossibles, les clips fous, l’insolence, les années 80 qui avaient encore le droit d’être étranges. Puis Fred est parti. Elle est restée. Debout. Avec cette absence à côté d’elle et cette voix qui continuait à remplir la pièce. Il y a des artistes qu’on écoute. Et puis il y a ceux dont on ne s’aperçoit qu’au moment où ils disparaissent qu’ils habitaient notre vie depuis quarante ans. Aujourd’hui cette voix s’est tue. Et bordel … ça fait un drôle de silence. Au revoir Catherine. Merci d’avoir été aussi peu conforme. ❤️ #CatherineRinger #RitaMitsouko #Musique

Philippe Bouvard est mort à 96 ans. On parlera forcément des Grosses Têtes. Mais ce serait presque injuste tant sa vie raconte bien davantage. Avant RTL, avant les théâtres, les voitures de luxe, les casinos et les millions d’auditeurs, il y eut un petit garçon juif qui apprit très tôt qu’il valait parfois mieux ne pas être vu. Pendant l’Occupation, Philippe Bouvard et sa mère se cachent pour échapper aux arrestations. Son beau-père est arrêté par la Gestapo. Ses grands-parents adoptifs seront déportés à Auschwitz et n’en reviendront pas. Il faut peut-être partir de là pour comprendre la suite. Cette envie furieuse de réussir. De posséder. De montrer qu’on était arrivé quelque part. Bouvard rate trois fois son bac. Une école de journalisme lui explique qu’il n’est pas fait pour ce métier. En 1952, il entre pourtant au Figaro. Comme garçon de courses. Il transporte les photos, puis commence à rédiger leurs légendes. Ensuite quelques lignes. Puis des articles. Puis des chroniques. Le garçon de courses finira patron. Il disait volontiers aimer l’argent, les belles voitures, les bonnes tables. Il n’a jamais joué au faux modeste. Et puis il y avait son autre passion, beaucoup moins innocente : le jeu. Le poker, les casinos, les tapis verts. Il jouera tellement qu’il demandera lui-même à être interdit de casino en France. À la fin de sa vie, il reconnaissait sans détour : « Le jeu m’a coûté cher. » Chez lui, il pouvait travailler toute une journée pour gagner de l’argent et en reperdre une partie le soir autour d’une table. Contradictoire ? Évidemment. Bouvard l’était souvent. Mais derrière le personnage, il y avait surtout un extraordinaire découvreur de talents. En 1982 naît Le Petit Théâtre de Bouvard. Le concept semblait presque idiot : mettre de jeunes inconnus sur une scène et voir s’ils étaient drôles. Pas d’algorithme. Pas de followers. Pas de plan marketing. Du talent ou rien. Et regardez les noms qui en sortiront : Muriel Robin, Mimie Mathy, Michèle Bernier, Chevallier et Laspalès, Chantal Ladesou, Smaïn, Jean-Marie Bigard, Pascal Légitimus et ceux qui formeront les Inconnus … Bouvard s’est parfois trompé. Il refusa notamment Dany Boon. Mais il aura surtout vu avant les autres. Et puis il y eut Les Grosses Têtes. À partir de 1977, il transforme une émission de questions en immense table de bistrot radiophonique. Autour de lui : Jean Yanne, Jacques Martin, Jean Dutourd, Sim, Philippe Castelli, Claude Sarraute, Thierry Le Luron, Olivier de Kersauson, Jean-Claude Brialy, Pierre Bellemare, Michel Galabru et tant d’autres. De la culture, des vacheries, de l’érudition, de la mauvaise foi, des histoires de cul et des éclats de rire. Tout pouvait cohabiter. C’était peut-être ça, son génie. Faire de la culture populaire sans demander aux gens de choisir entre être cultivés et s’amuser. Pendant 37 ans, il fut le maître de cette table. Quand RTL tenta de le remplacer pour « rajeunir » l’émission en 2000, l’audience s’effondra. Quelques mois plus tard, on rappela le vieux monsieur. Bouvard n’était pas parfait. Il pouvait être cruel, susceptible, vaniteux, injuste. Certaines de ses plaisanteries appartiennent clairement à une autre époque. Mais justement. Pourquoi transformer les morts en saints ? Philippe Bouvard n’était pas lisse. Il était vivant. Terriblement vivant. Il aura traversé plus de soixante-dix ans de presse, de radio et de télévision. Écrit des dizaines de livres. Lancé des carrières. Fait rire plusieurs générations. Et lorsqu’on remet sa vie bout à bout, l’histoire reste assez vertigineuse. Un enfant qui devait se cacher de la Gestapo. Un cancre sans bac qu’on disait incapable de devenir journaliste. Un garçon de courses devenu directeur de rédaction. Un joueur qui perdit beaucoup. Un homme qui donna leur chance à des dizaines d’inconnus. Et une petite voix au micro qui finit par entrer, chaque jour, dans des millions de foyers. Le garçon qui avait appris à se cacher était finalement devenu impossible à ignorer. Au revoir, Monsieur Bouvard. Vous avez passé votre vie à chercher le bon mot. Cette fois, vous nous laissez sans le dernier ... #PhilippeBouvard #Culture #Hommage

Frank Beard est mort 😭😭😭 Et forcément, beaucoup vont ressortir les barbes, les lunettes noires, l'Eliminator rouge et les énormes tubes de ZZ Top. Mais Frank Beard, c'était justement l'autre visage du groupe. Le type qui s'appelait "Beard" dans le groupe le plus barbu de l'histoire du rock ... et qui était le seul des trois à ne pas vraiment en avoir une. Rien que ça, j'ai toujours trouvé que ça résumait assez bien le personnage. Pendant que Billy Gibbons et Dusty Hill occupaient l'image, Frank était derrière. À sa place. Pas besoin d'être devant pour être indispensable. Parce que sous les riffs de Billy et la basse de Dusty, il y avait ce truc qu'on remarque parfois seulement quand il disparaît : "le moteur". Ce groove texan sec, lourd, légèrement traînant, cette façon de donner l'impression que trois types jouaient tranquillement dans un rade poussiéreux alors qu'ils étaient capables de faire bouger un stade entier. Frank et Dusty jouaient déjà ensemble avant ZZ Top. Le blues texan n'était pas un costume qu'ils avaient enfilé pour vendre des disques : ils venaient réellement de là. Et derrière le personnage cool, il y avait aussi un homme qui avait connu les excès, la dépendance, puis qui avait réussi à se reconstruire et à revenir derrière sa batterie. C'est peut-être aussi pour ça que j'aimais tellement ZZ Top. Ils n'avaient jamais besoin de donner l'impression d'être immortels. Ils avaient simplement l'air de l'être. Dusty est parti en 2021. Aujourd'hui, c'est Frank. Et pour lui, je ne choisirai pas "Legs", "Sharp Dressed Man" ou "Gimme All Your Lovin". Je vais remettre "Jesus Just Left Chicago", en la laissant arriver juste après "Waitin' for the Bus", comme sur "Tres Hombres". Parce que cet enchaînement presque accidentel est devenu mythique chez les fans : deux morceaux différents qui finissent par donner l'impression de n'en former qu'un. Et parce que Frank Beard est lui-même crédité parmi les auteurs de "Jesus Just Left Chicago". Pour rendre hommage au type discret derrière la batterie, je trouvais ça beaucoup plus juste qu'un tube évident. Ceux qui savent, savent. RIP Frank Beard. Le Beard sans barbe. Le battement de ZZ Top 🥁❤️ #ZZTop #FrankBeard #RIP

Voici une vidéo d'un sauvetage absolument exceptionnel, vous allez être témoin de quelque chose de rare ! ! https://t.co/TzggMGf7i3 #sauvetage #extraordinaire #vidéo