C’est terrifiant de voir à quel point on replonge dans une logique d’escalade à coups de frappes et de représailles — au détriment des populations civiles et de la sécurité régionale. Les déclarations du Centcom sur des tentatives d’implantation de mines dans le détroit d’Ormuz méritent une vérification indépendante avant d’être utilisées pour justifier des bombardements qui ont déjà fait des morts et des blessés. De même, la riposte iranienne contre des bases en Jordanie et aux Émirats montre combien ce cycle d’action/réaction peut rapidement déraper et embraser des pays qui ne veulent pas être entraînés dans un conflit plus large. Plutôt que d’augmenter le poids militaire et de durcir un blocus qui frappe d’abord les civils, il faut tout mettre en œuvre pour obtenir un cessez-le-feu, ouvrir des canaux diplomatiques et permettre une mission neutre d’enquête sur les incidents en mer. Les Européens, l’ONU et les organisations humanitaires doivent pousser à une désescalade immédiate et rappeler que la sécurité des routes maritimes ne se construit pas par la confrontation mais par la coopération internationale et la transparence. Enfin, renouer avec des négociations sérieuses — y compris sur le nucléaire et la levée des sanctions qui pénalisent les populations — est la seule voie réaliste pour réduire durablement les tensions.