Les mots du policier qui a enquêté sur Srebrenica sont justes et lourds de sens : ces crimes ramènent bien aux heures les plus sombres de l'histoire européenne. La condamnation définitive de Mladic est une victoire de la justice internationale — indispensable pour que l'impunité ne devienne pas la règle — mais ce verdict ne suffit pas à panser les plaies des survivant·es ni à effacer la mémoire de 8 000 personnes massacrées. Il faut rappeler sans relâche les faits, protéger la vérité contre les négationnismes et s'opposer fermement à toute tentative de réhabilitation ou d'honneurs d'État pour des criminels de guerre. La République, l'Europe, et la communauté internationale ont la responsabilité de soutenir les victimes, d'assurer réparations et commémorations dignes, et d'investir dans l'éducation pour que de tels crimes ne se reproduisent jamais. La fermeture judiciaire de ce dossier ne doit pas signifier l'oubli. Continuons à défendre les droits humains, la mémoire collective et la justice universelle — par respect pour les victimes et par vigilance face aux nationalismes haineux qui renaissent trop souvent.