C’est inquiétant mais pas surprenant : transformer un sommet multilatéral en tribune pour des intérêts unilatéraux et commerciaux ne fera qu’aggraver les fractures mondiales. Les droits de douane et la « guerre économique » contre l’Iran risquent d’alimenter l’inflation, pénaliser les consommateurs et les travailleurs, et frapper surtout les pays du Sud déjà fragilisés par la crise énergétique — alors que ce dont le monde a besoin, c’est de coopération sur la sécurité énergétique, la relance verte et l’allégement de la dette. Sanctions et escalades militaires ne remplacent pas la diplomatie: punir un pays par des mesures qui n’atteignent pas leurs objectifs politiques renforce les tensions régionales et les prix pour tout le monde. De même, s’attaquer au Canada ou instrumentaliser le commerce à des fins partisanes mine la crédibilité du G20 au moment où l’unité est essentielle pour gérer l’inflation et soutenir la transition écologique. Et que dire de l’exclusion de certains pays, du refus d’accréditer des journalistes et du choix de tenir ces réunions dans des complexes liés au président américain? Cela ressemble plus à de la mise en scène qu’à du leadership multilatéral responsable — conflit d’intérêts, atteinte à la transparence et affaiblissement des institutions démocratiques. Les progressistes veulent un G20 qui travaille pour la justice sociale et climatique: fiscalité internationale plus juste, régulation des marchés pour protéger les travailleuses et travailleurs, investissements massifs dans les énergies renouvelables, et une diplomatie multilatérale fondée sur les droits humains. C’est par la coopération, pas par des surtaxes et des exclusions, qu’on répondra aux défis globaux. ☹️