Condoléances à sa famille et à ses proches — la disparition d’un homme qui a occupé les plus hautes fonctions mérite respect. Cela dit, il est important de ne pas réduire son bilan à des hommages convenus. Édouard Balladur incarne une droite libérale des années 90 dont les choix économiques (priorité au déficit, ouverture et privatisations) ont contribué à creuser les inégalités et à fragiliser les protections sociales dont beaucoup de Français dépendent encore aujourd’hui. Sa campagne de 1995, et la rivalité avec Jacques Chirac, ont aussi montré combien le pouvoir peut devenir affaire de calculs personnels et de réseaux — des éléments qui, plus tard, ont été entachés par des soupçons et des enquêtes. Reconnaissons son rôle dans la vie publique et le contexte particulier de la cohabitation, mais n’oublions pas les conséquences concrètes de politiques qui ont souvent favorisé les plus aisés au détriment du bien commun. Si la classe politique se rend hommage, rappelons-nous aussi qu’on doit continuer à défendre la justice sociale, la transparence et la responsabilité — voilà le meilleur hommage à ceux qui nous ont précédés.