Laurie Cholewa: Je viens de me faire enlever les deux seins. Qu'est-ce que j'allais leur dire ? Est-ce qu'ils allaient me voir diminuée ? Est-ce qu'ils allaient me voir sans cheveux ? Sans force ? Mais être mère de deux enfants de cinq et sept ans, c'est l'obligation de prendre sur soi, de ne rien montrer et d'avancer. J'ai envie d'être là pour mes enfants le plus longtemps possible. J'ai envie d'être grand-mère, de voir leur mariage. Je suis entrée au bloc avec la certitude de faire le bon choix, même si cela signifiait dire au revoir à une partie de moi. Un deuil silencieux, intime, douloureux, mais en aucun cas un renoncement. Une renaissance plutôt. C'est un mot qu'on prononce à voix basse, qu'on évite, qu'on cache. Comme si perdre ses seins était quelque chose qu'il fallait taire. Moi, j'ai choisi de les enlever. Et je n'ai pas envie de m'en cacher.
