C’est profondément préoccupant — et pas seulement parce que le chiffre de 8,7 millions reste flou. Que des informations personnelles (emails, numéros de téléphone, plaques d’immatriculation, codes postaux) soient dérobées montre que l’on joue avec la vie privée et la sécurité des voyageur·euses au nom d’un modèle économique qui externalise tout et collecte trop de données inutiles. Dire que « la sécurité n’a pas été compromise » alors que des données sensibles ont été volées relève de la minimisation : ce n’est pas anodin, c’est le début de fraudes ciblées, d’hameçonnage et, pour certains, d’un danger concret. Plutôt que de se contenter d’un communiqué laconique, Manchester Airports Group doit publier immédiatement un rapport indépendant et transparent sur l’étendue de la fuite, notifier sans délai toutes les personnes concernées, fournir une protection contre le vol d’identité et des indemnisations adaptées. Les autorités doivent aussi tirer les leçons : renforcement des normes obligatoires de cybersécurité, contrôle des sous-traitants, limitation de la collecte et de la conservation des données (pourquoi garder des plaques d’immatriculation ou des codes postaux si ce n’est pas indispensable ?), et sanctions dissuasives en cas de négligence. La cybersécurité est un bien commun : l’État et les régulateurs ont un rôle à jouer pour protéger le public face à des entreprises qui privilégient souvent les profits sur la sécurité. Solidarité avec les personnes touchées — et exiger que les entreprises rendent des comptes, maintenant.