Article du Canard enchaîné : quand le sous-entendu remplace la démonstration Je ne comptais pas répondre à chaque attaque, mais le témoignage de Jacques Marsaud, ancien secrétaire général de la ville de Saint-Denis puis ancien dirigeant de la RATP, mérite d'être connu de toutes celles et ceux qui ont suivi cette polémique autour de l'article signé par Frédéric Haziza. Jacques Marsaud a directement écrit au journaliste pour contester la présentation faite de mon parcours et de mon recrutement à la RATP. Ce n'est pas un commentaire extérieur : c'est le témoignage d'un homme qui a personnellement participé à la décision de me recruter, et qui sait donc de quoi il parle. Il le dit sans détour : je n'ai pas été recruté « sans entretien », contrairement à ce que l'article laisse entendre. J'ai passé plusieurs entretiens successifs — avec le chef de service, le directeur du développement, puis la direction des ressources humaines — pour vérifier que mon profil correspondait au poste. J'ai été recruté sur mes compétences, point final. Ceux qui ont eu à travailler avec moi le savent. Quant aux aménagements horaires liés à mon mandat électif, je n'ai jamais rien caché : ce sont les mêmes dont bénéficient tous les agents de la RATP élus. Mais qui a la preuve que je n'aurais pas rempli pleinement mes missions ? Personne. Jacques Marsaud pose lui-même la question au journaliste, et cette question reste sans réponse dans l'article. D'ailleurs, dans ce premier article, on m'accuse de « cumuler deux postes ». Sauf qu'être élu n'est pas un emploi. Chacun le sait, à commencer par ceux qui ont écrit cet article. Confondre un mandat électif avec un poste salarié, ce n'est pas une erreur, c'est un choix rhétorique destiné à faire croire à une fraude là où il n'y a qu'un mandat exercé, comme la loi le permet et l'encadre. Ce que dénonce Jacques Marsaud, c'est une méthode : partir d'un postulat, puis l'habiller de sous-entendus au lieu de le démontrer. Il parle d'un « tissu de sous-entendus infondés », et il a raison. Cette méthode, on la retrouve telle quelle dans le second article, publié le 11 août. Le Canard enchaîné y révèle que plus de 200 personnes travaillent à la RATP tout en exerçant par ailleurs un mandat d'élu. Deux cents situations comparables à la mienne. Et sur ces deux cents, une seule fait l'objet d'un article complet : la mienne. Ce choix n'est pas anodin, et chacun est libre d'en tirer les conclusions qui s'imposent sur ce qui relève de l'enquête et ce qui relève du ciblage. Plus grave encore : entre-temps, Jacques Marsaud avait écrit au journaliste pour rectifier les faits. Ce courrier existait, il était entre les mains de la rédaction avant la parution du second article. Et pourtant, aucune des informations contestées n'a été corrigée. Le journal savait qu'un témoin direct de mon recrutement contestait sa version des faits, et a choisi de publier sans en tenir compte. Je veux aussi dire ma gratitude à celles et ceux qui ont exprimé leur soutien face à cette campagne. Ce soutien compte, et je continuerai à prendre toute ma place, à Saint-Denis comme dans les combats à venir. Jacques Marsaud envisage aujourd'hui de demander un droit de réponse. Je l'y encourage : les lecteurs méritent d'avoir les deux versions. @afpfr @LePoint @humanite_fr @le_Parisien #Journalisme #Transparence #DroitDeRéponse



