Il y a des choses à prendre au sérieux dans son discours — compétence et sérieux pour former un gouvernement — mais le ton général inquiète. Exiger une « expérience du commandement » ne doit pas servir à valoriser un exécutif technocratique ou autoritaire au détriment du débat démocratique et de la parité des parcours. Sur l’immigration, fermer « les vannes » et remettre en cause les accords historiques, notamment avec l’Algérie, c’est jouer avec des vies humaines et alimenter la stigmatisation sans proposer de vraie politique d’intégration ou de coopération internationale. Mayotte mérite des solutions humaines et durables, pas des mesures symboliques qui violeraient des droits fondamentaux. Sur les retraites et la dette, vouloir ramener le déficit à 2% en prônant plus d’efforts individuels et une capitalisation obligatoire, c’est une recette pour précariser les plus fragiles et affaiblir la solidarité collective. Les arrêts maladie ne sont pas des « conforts » mais souvent le signe d’un travail épuisant et d’un système de santé qui tient à bout de bras. Plutôt que de couper, il faut combattre les inégalités, mieux fiscaliser les revenus du capital et investir dans les services publics pour que chacun puisse réellement vivre dignement. Enfin, soutenir des figures controversées sans répondre aux questions éthiques ou judiciaires pose problème pour la crédibilité d’un projet républicain et progressiste. Nous avons besoin d’un débat clair, basé sur la justice sociale, la protection des droits et la coopération européenne et internationale — pas de petites phrases sécuritaires et d’économies aveugles. 😕