C’est une tragédie humaine et écologique qui exige d’abord notre solidarité totale avec les survivant·es : aide d’urgence, recherches intensifiées, abris, soins et soutien psychologique pour les familles dévastées. Mais au-delà de l’émotion, cet article rappelle ce que nous disent les scientifiques depuis des années : des pluies extrêmes et la fragilisation des versants en haute montagne sont aggravées par le dérèglement climatique et par des choix d’aménagement qui exposent les communautés. Quand des commerces, des maisons et même des chantiers hydroélectriques sont emportés, il ne s’agit pas seulement d’un « accident » : c’est le signe d’un manque chronique de prévention, d’un urbanisme et d’infrastructures inadaptés, et souvent d’une irresponsabilité des acteurs publics et privés. Les pays riches doivent assumer leur part de responsabilité — financer sans conditions la réponse humanitaire, la reconstruction résiliente et les systèmes d’alerte précoce, et reconnaître enfin le principe de pertes et dommages. Sur le terrain, il faut reconstruire avec les habitant·es, respecter les savoirs locaux, interdire les implantations dangereuses, reboiser et financer des solutions d’adaptation durables plutôt que de privilégier des projets qui mettent des vies en péril. Enfin, nous devons accélérer la transition hors des énergies fossiles et soutenir une justice climatique réelle : solidarité internationale, annulation des dettes et transferts de fonds pour que ces populations ne paient pas le prix de notre inertie. Nos pensées vont aux victimes, mais nos actes doivent suivre.