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Dr. Serge Zaka (Dr. Zarge)

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Dr. Serge Zaka (Dr. Zarge)

agroclimatologist
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L’un des impacts les plus critiques du changement climatique sur l’agriculture est aussi l’un des plus méconnus du grand public : le manque de froid en hiver. Des hivers trop doux peuvent favoriser la survie de certains ravageurs et agents pathogènes. Mais ils menacent également un processus fondamental pour l’arboriculture : la floraison. Car les arbres fruitiers ont besoin d’accumuler une certaine quantité de froid pendant l’hiver pour sortir correctement de leur dormance et assurer une floraison homogène au printemps. Lorsque ce besoin n’est pas satisfait, le débourrement peut devenir irrégulier, la floraison s’étaler ou s'affaiblir et les rendements diminuer. C’est ce qu’on appelle le besoin en froid hivernal ou "vernalisation" Et c’est potentiellement l’un des plus grands bouleversements agricoles du siècle. Pour certaines filières arboricoles, le manque de froid pourrait devenir une contrainte aussi déterminante, voire davantage, que les canicules et les sécheresses. Prenons l’exemple du pommier. Selon les variétés et les méthodes de calcul, ses besoins peuvent s’étendre approximativement de 400 à 1 500 heures de froid, avec de nombreuses variétés traditionnelles nécessitant autour de 1 000 à 1 200 heures. Or, d’ici la fin du siècle, les projections climatiques indiquent que le Sud-Ouest de la France pourrait ne plus accumuler suffisamment de froid pour satisfaire les besoins de nombreuses variétés de pommiers actuellement cultivées dans la région. Résultat : une floraison plus aléatoire (voire pas de floraison !) et des rendements potentiellement compromis. Avec des cumuls qui pourraient descendre localement autour de 200 à 600 heures de froid dans le sud de la France, les conditions hivernales deviendraient davantage compatibles avec les besoins de certaines espèces et variétés à faibles exigences en froid, notamment parmi les agrumes. Et c’est toute la géographie de notre arboriculture qui pourrait être progressivement redessinée (on parle de biogéographie, mon coeur de connaissance en modélisation d'ailleurs). Certaines variétés devront être remplacées, des espèces pourraient migrer vers de nouvelles régions et des bassins de production historiques risquent de perdre une partie de leur potentiel climatique. Mais un verger ne se déplace pas en quelques années. Il faut sélectionner les variétés, expérimenter, planter, attendre l’entrée en production, structurer les filières et développer de nouveaux savoir-faire. C’est un chantier de plusieurs décennies, avec des investissements considérables (je pense que vous n'êtes pas conscience encore du chantier !). Et c’est bien là tout le problème (qui m'agace de part ailleurs !) : nous devons anticiper dès aujourd’hui une transformation agricole majeure, alors que nos politiques publiques et nos stratégies économiques restent trop souvent concentrées sur le court terme. Le manque de froid hivernal pourrait provoquer un véritable séisme dans l’arboriculture française. Et contrairement aux canicules, ce bouleversement avance silencieusement, hiver après hiver. Et on est clairement pas prêt. #ChangementClimatique #Agriculture #Biodiversité

Mi-septembre, on dépasse encore les 37°C en France, alors qu’au siècle dernier, atteindre de telles températures était déjà rare au cœur de l’été. Jamais une sécheresse en France n'avait autant débordé sur l'automne. Et la situation ne devrait pas s’améliorer rapidement : aucune pluie significative n’est prévue à l’échelle nationale au cours des deux prochaines semaines. Les conséquences agricoles et forestières deviennent particulièrement préoccupantes, sur des écosystèmes déjà profondément éprouvés par les canicules et la sécheresse de cet été. ➡️ Les arbres continuent de perdre prématurément leurs feuilles. Or, en fin d’été et au début de l’automne, la photosynthèse permet encore d’accumuler des réserves carbonées qui seront mobilisées pour passer l’hiver et assurer la reprise au printemps. Une défoliation précoce réduit cette mise en réserve. Résultat : de nombreux arbres risquent d’aborder 2027 avec des réserves affaiblies. Lorsque ces stress se répètent d’une année à l’autre, on entre dans une logique de fatigue cumulative, pouvant favoriser le dépérissement. ➡️ Pour certains arbres fruitiers, 2027 se prépare déjà maintenant. La différenciation et le développement des bourgeons destinés à la prochaine saison sont en cours ou ont été fortement influencés par les conditions estivales. Chaleur extrême, sécheresse et défoliation peuvent altérer leur nombre, leur qualité et leur potentiel. Autrement dit, la météo de 2026 peut déjà peser sur les rendements de 2027. ➡️ Dans les champs fraîchement semés, la situation est également difficile. Le colza (lorsqu’il a pu être semé !) peut connaître des levées irrégulières, des retards de croissance et, dans les situations les plus sèches, des pertes importantes de plantules. ➡️ Mais l’une des situations les plus préoccupantes concerne les prairies. La repousse automnale, essentielle pour prolonger le pâturage et reconstituer une partie des stocks, est localement très faible, voire inexistante. Certains éleveurs doivent donc déjà puiser dans les réserves destinées à l’hiver. ⚠️ Après les pertes de rendement de l’été, un nouveau risque se dessine : un déficit fourrager majeur pour l’hiver 2026-2027. La situation agricole et forestière est très grave en France. #Sécheresse #ChangementClimatique #Agriculture

Notre climat est littéralement en train de partir en cacahuète. Pour cette 6ᵉ #canicule de l’année, les 40 °C sont de nouveau dépassés, en plein mois de septembre. Aujourd’hui, 283 records mensuels sont tombés, datant parfois du 19ème siècle. Certains pulvérisés de 4 °C, avec une facilité déconcertante. Et ce n’est pas terminé : plusieurs de ces records pourraient être battus à nouveau dès demain voire même le record national... Dorénavant la saison des canicule en France dure 5 mois : de mai à septembre. #climat #canicule #environnement

On ajoute de l’inédit à l’inédit. Après mai, juin, juillet et août… voici septembre ! Dès demain, les températures approcheront de nouveau localement les 37-40°C dans le sud de la France. Certains records mensuels pourraient être battus de plusieurs degrés, avec une facilité devenue déconcertante. Les pluies apportées récemment par les orages n’auront offert qu’un répit. Avec le retour de la chaleur et d’une forte évapotranspiration, les sols vont rapidement perdre une partie de cette eau. Nous pourrions ainsi atteindre le niveau d'humidité des sols le plus bas jamais observés à cette période de l’année. Nous ne sommes d’ailleurs plus très loin des seuils de la vigilance orange canicule. Si elle venait à être déclenchée, la France aurait connu des vigilances orange canicule sur cinq mois différents en 2026. La plus précoce, la plus intense, la plus durable… et peut-être désormais l’une des plus tardives. Soupir... #canicule #climat #météo

[Thread] [1/6] Je pense que l’on peut désormais affirmer que la France traverse la plus grandes catastrophe agricole nationale depuis 1945. Sans aide publique, 30 000 à 35 000 exploitations pourraient se retrouver en situation de faillite, soit près de 10 % des exploitations agricoles françaises. C’est monstrueux. Les conditions climatiques exceptionnelles que nous connaissons aujourd’hui se rapprochent de ce qui deviendra beaucoup plus fréquent, voire ordinaire, dans les prochaines décennies. 2026 sera dans la moyenne de 2050. Nous connaîtrons encore des années plus chaudes et plus extrêmes que 2026. Le constat devient donc difficile à éviter : notre modèle agricole n’est pas suffisamment préparé au changement climatique qui arrive. C’est aussi le résultat d’un échec politique collectif : les gouvernements successifs n’ont pas suffisamment pris la mesure de l’ampleur des bouleversements que le changement climatique impose déjà, et imposera demain, à notre agriculture. Il ne s’agit plus seulement de réparer les dégâts après chaque sécheresse, canicule ou mauvaise récolte. Il faut désormais engager une transformation structurelle de notre agriculture. Voici les pertes de rendement les plus fiables que j'ai pu trouver par rapport à la moyenne de 5 dernières années (uniquement pour les cultures de printemps et d'été). #Agriculture #ChangementClimatique #France

[1/2] Ces derniers jours ont été très orageux dans le Languedoc. Le ciel a été capable du plus beau mais, malheureusement aussi, du plus dévastateur avec la tornade dans l'Aude à Pomas. Voici 4 photos du Pic Saint Loup sous la foudre : 1) La première est une superposition de 5 photos prises à la suite avec des éclairs positifs : éclair droit, très puissant, peu de ramifications, suivi d'une énorme déflagration. 2) A la suite du passage du 1er orage, l'humidité ressortait de la garrigue. Un rampant m'est passé au-dessus. C'est ma photo préférée. 3) Un rampant passe au dessus de l'Hortus (et de ma tête au passage !). 4) Un rampant puis plusieurs ascendants derrière le Pic Saint Loup. [1/2] #Météo #Orages #Nature

On enchaîne. Il est maintenant très probable que nous allons vivre l'El-Nino le plus intense depuis le début de son observation sur Terre (et surement depuis des siècles). Les premiers effets se font sentir avec un décrochage total des températures mondiales. Le mois d'août 2026 pourrait être le mois d'août le plus chaud sur Terre depuis le début des mesures. Nous ne sommes qu'à 0.11°C du record absolu mondial de température et 0.01°C du record absolu de la surface des océans. La méditerranée enchaîne les records absolus de température avec une canicule marine qui dure depuis des semaines avec jusqu'à +3 à +6°C d'anomalie. Les derniers relevés montrent qu'avec une moyenne de 28.5°C, la surface de la mer Méditerranée vient de battre son record absolu de température. En d'autres termes, la mer Méditerranée n'a jamais été aussi chaude tous mois confondus. Ce n'est que le début. Nous sommes partis pour 1 an d'incroyables records à l'échelle planétaire. #ElNino #ChangementClimatique #TempératuresExtrêmes

Ce 13 août 2026 restera comme l’une des journées les plus chaudes jamais observées en France depuis le début des mesures. Pour la SEPTIEME fois de l'été 2026, la station de Bordeaux-Mérignac a atteint le seuil des 40°C. Jusqu'en 2025, cette station n'avait connu que cinq journées à plus de 40°C... depuis son installation en 1920. Donc 5 fois en 102 ans contre déjà 7 fois en 2026 ! Une nouvelle journée hors norme : 138 records de chaleur ont été battus ou égalés, tandis que 235 stations ont atteint ou dépassé les 40 °C, avec des maximales comprises entre 40 et 43 °C. Non, ce n’est pas parce que ces événements se répètent qu’ils deviennent normaux. Forêts, agriculture, écosystèmes : tous sont à bout, soumis à des chocs de plus en plus fréquents, intenses et rapprochés, sans même avoir le temps de récupérer entre deux épisodes. #ChangementClimatique #Canicule #France

Vous avez cette sensation de vivre un été calvaire, interminable ? Vous avez même fini par oublier à quoi ressemblait un été « normal » en France ? Cette sensation est parfaitement justifiée ! Aussi incroyable que cela puisse paraître aujourd'hui, sur la période 1981-2010, la moyenne des températures de l'après-midi en août en France (ce qu'on appelait alors « la normale ») tournait autour de 20°C près de la Manche, 25°C à Paris et 30°C à Marseille (voir la carte). Oui, c'est tout. Et non, je ne mens pas. Interminable ? Oui, littéralement. Nous sommes en train de vivre la plus longue série jamais observée de jours consécutifs au-dessus des normales, avec plus de 71 jours attendus (voir le grpahique). Le précédent record venait tout juste d'être battu… au printemps 2026, avec 61 jours consécutifs, du 12 janvier au 13 mars. La France traverse donc un été véritablement hors norme, non seulement par l'intensité des épisodes de chaleur, mais aussi par leur durée et leur répétition. Ce qui nous paraît aujourd'hui comme des températures "fraîches" était la norme d'hier... #ChangementClimatique #Été #Météo

Dès demain, une 5ème canicule s'abattra sur la France, prolongeant encore la vague de chaleur en cours, sans AUCUN répits pour nos agriculteurs et écosystèmes. Depuis le mois de mai, j'ai sincèrement l'impression que nous vivons désormais sous le climat d'un autre pays. Les trois vagues de chaleur de 2026 se distinguent à la fois par leur intensité et leur durée, au point de rejoindre toutes les trois la canicule de 2003 parmi les épisodes les plus sévères observés en France depuis le début des relevés météorologiques. En d'autres termes, nous venons de vivre l'équivalent de près de trois canicules de 2003 au cours d'un seul été. 2003, qui faisait autrefois figure de "traumatisme", n'est désormais plus qu'un vieux souvenir. Notre système alimentaire n'est absolument pas prêt à faire face au changement climatique. Nous ne devons plus le considérer comme une évolution lente et progressive qui assène une claque de temps à autre, mais comme une succession de chocs qui se répètent désormais plusieurs fois par an. #ChangementClimatique #Canicule #Agriculture

Cette carte est gravissime. Mais elle n'a pas fait la une de l'actualité. Pour moi, l'été 2026 marque un tournant. Après celui de 2022, il devient difficile de ne plus parler de "rupture écologique" ou de "point de non retour" pour une partie des milieux aquatiques français. D'après l'@OFBiodiversite, au 1er août, 43% des petits cours d'eau français sont en rupture d'écoulement voire "d'assecs" (i.e. l'eau ne coule plus). Cela n'avait jamais été observé, à ce niveau, jusqu'à présent en France. Après 2022, l'été 2026 est la sécheresse de trop. Il devient de plus en plus probable que certains milieux aquatiques franchissent des seuils de rupture écologique dont le retour en arrière sera extrêmement difficile : ➡️ Lors d'un assec, c'est-à-dire lorsque le lit d'une rivière s'assèche complètement, presque toute la biodiversité aquatique (faune comme flore) disparaît. Les conséquences se répercutent ensuite sur l'ensemble de la chaîne alimentaire : oiseaux, amphibiens, mammifères et insectes qui dépendent de ces milieux sont à leur tour affectés. ➡️ Il existe bien des rivières dites intermittentes, notamment dans le sud de la France, dont les espèces sont adaptées à des assecs estivaux réguliers. Mais pour la grande majorité des cours d'eau français, un assèchement complet reste un phénomène exceptionnel. Après le choc de 2022, la biodiversité subit une nouvelle dégradation majeure. ➡️ Lorsque la rivière ne s'assèche pas totalement, la situation n'est pas forcément meilleure. Les faibles débits entraînent un fort réchauffement de l'eau, une diminution de l'oxygène dissous, des proliférations végétales et algales, ainsi qu'un profond déséquilibre des écosystèmes, pouvant conduire à une mortalité massive des espèces locales. Comme tout écosystème, une rivière possède une certaine résilience : après une perturbation, elle peut progressivement retrouver son fonctionnement initial. Mais cette résilience dépend de trois paramètres essentiels : la durée, la fréquence et l'intensité des perturbations. Or, avec le changement climatique, ces trois facteurs augmentent simultanément. Trois trajectoires sont désormais possibles après la sécheresse de 2026 : 1⃣Le milieu retrouve progressivement son état initial. Cette hypothèse reste possible, mais elle nécessitera probablement de nombreuses années. Or, si des sécheresses comparables se répètent avant que cette reconstruction ne soit achevée, la résilience pourrait ne plus suffire. C'est précisément ce qui fait craindre le franchissement de points de bascule écologiques. 2⃣Le milieu s'effondre durablement. Certaines espèces disparaissent localement sans parvenir à recoloniser le cours d'eau, entraînant un appauvrissement durable de la biodiversité. 3⃣Le milieu évolue vers un nouvel équilibre, composé d'espèces plus adaptées aux conditions climatiques futures. Mais cette évolution soulève de nombreuses questions : combien de temps faudra-t-il ? Quelles espèces remplaceront les anciennes ? Les nouvelles communautés seront-elles aussi riches et fonctionnelles ? Et surtout, les écosystèmes auront-ils le temps de s'adapter alors que le climat évolue plus vite que de nombreux processus écologiques ? Quoi qu'il en soit, comme je l'ai dit, il me semble que l'été 2026 marque un tournant. Après celui de 2022, il devient difficile de ne plus parler de rupture écologique pour une partie des milieux aquatiques français. Le changement climatique impose la révision complète du fonctionnement même de certains écosystèmes. En silence, à priori. #RuptureÉcologique #Biodiversité #ChangementClimatique

Cette infographie est à la fois spectaculaire et pédagogique. Les paysages français de notre enfance ne seront plus ceux de demain. En représentant la dérive géographique de la température moyenne de plusieurs villes françaises et espagnoles, cette infographie illustre les bouleversements biogéographiques à venir, et notamment le déplacement des aires de répartition des cultures en France. Dans un scénario de réchauffement modéré (SSP370), la température moyenne de Barcelone se retrouve à Niort. Celle de Toulouse dans les Alpes. Celle de Cordoue à Perpignan. Nos forêts ne seront plus composées des mêmes essences. Les cultures ne seront plus cultivées aux mêmes endroits. Je crois que nous n'avons pas encore pleinement pris conscience de l'ampleur de la révolution paysagère qui s'annonce. Cette transition ne se fera pas sans difficultés. Pour l'agriculture, le déplacement des filières nécessitera des investissements considérables, des décennies d'adaptation et une profonde réorganisation des territoires. Pour les forêts, la situation est encore plus complexe : avant l'installation de nouvelles essences, une phase de dépérissement parfois massif des espèces actuellement présentes est déjà en cours. Les espèces forestières migrent naturellement vers le nord et en altitude, mais beaucoup trop lentement face à la vitesse du réchauffement climatique. L'évolution du climat dépasse désormais leur capacité naturelle de dispersion. Dans de nombreuses régions, une migration assistée, réfléchie et scientifiquement encadrée, deviendra probablement indispensable pour préserver les écosystèmes forestiers de demain. N.B. : je regarde uniquement la température moyenne pas les précipitations ou autres caractéristiques de climat. #ChangementClimatique #Biodiversité #AgricultureDurable

5 jours de travail et des millions de données analysées. Je peux enfin répondre à deux questions : ➡️Comment qualifier la sécheresse de 2026 ? ➡️Et surtout, comment les sécheresses évoluent elles en France ? Je vous présente les résultats dans ce thread richement illustré. 1/10 https://t.co/sWIBSboEkO #sécheresse #climat #France

Cela passe presque inaperçu tant c'est devenu banal, mais les 40°C ont de nouveau été largement dépassés en France aujourd'hui. On m'a déjà fait remarquer une quinzaine de fois qu'il fallait que j'arrête de parler de températures « exceptionnelles », puisqu'elles ne le seraient plus vraiment. Qu'il fallait cesser ces publications jugées trop alarmistes, parce que ces épisodes sont désormais réguliers et "qu'on est pas tous morts". Non. Je ne le ferai pas & je ne "passerai pas à autre chose". Les statistiques ont été inventées par les humains. Les chênes, les bouleaux ou les hêtres, eux, n'en ont strictement rien à faire. Ce sont les mêmes espèces qui peuplent nos forêts qu'il y a cinquante ou cent ans. Elles n'ont pas évolué au rythme auquel le climat se dérègle. Ce qui devient « habituel » dans nos graphiques reste profondément anormal pour les écosystèmes. Si nous en sommes arrivés à un tel état dans nos forêts, c'est aussi parce qu'elles n'ont jamais été considérées comme un "pilier central" de notre économie / de notre vie. Aujourd'hui encore, 84 records de chaleur ont été battus. Cela devient tristement fréquent... Presque banal ! Pour la SIXIÈME fois de l'été 2026, la station de Bordeaux-Mérignac a atteint le seuil des 40°C. Jusqu'en 2025, cette station n'avait connu que cinq journées à plus de 40°C... depuis son installation en 1920. Donc 5 fois en 102 ans contre déjà 6 fois en 2026 ! Ce n'est pas parce que l'exception devient fréquente qu'elle cesse d'être destructrice. Le fait que ces records deviennent plus fréquents ne signifie pas qu'il faille arrêter d'en parler. Ce serait oublier leurs conséquences : les dégâts considérables sur les forêts, les écosystèmes, l'agriculture, et la saison d'incendies totalement hors norme que connaît la France en 2026. Et désolé, mais ces conséquences ne sont pas devenus "banales". #Climat #ChangementClimatique #Écologie

Le feu de Gironde présente désormais toutes les caractéristiques d'un méga-feu, à commencer par la formation d'un pyrocumulonimbus. Ce gigantesque nuage entretenu par la convection du feu permet à l'incendie de générer son propre micro-climat, avec des flux de vent qui entretiennent et intensifient le brasier. Cette spectaculaire image satellite AQUA/MODIS du 24 juillet l'illustre parfaitement. Elle montre non seulement l'impressionnant pyrocumulonimbus au-dessus de l'incendie, mais aussi une France largement jaunie par une sécheresse d'une intensité inédite pour une fin juillet depuis le début des relevés. #Incendiesdeforêt #incendies #Gironde #Lacanau #Incendies #Climat #Sécheresse

Les statistiques 2026 des incendies deviennent complètement vertigineuses. Elles révèlent une réalité dérangeante : malgré le travail remarquable des soldats du feu, la France ne met manifestement plus les moyens nécessaires pour faire face à l'évolution du risque incendie (en face des évolutions climatiques). Les responsables politiques n'ont clairement pas tiré toutes les leçons des catastrophes de 2022. Au 25 juillet, les surfaces brûlées dépassent déjà le record annuel du XXIᵉ siècle… alors que nous ne sommes qu'à la moitié de l'été météorologique. Plus de dix fois la surface d'une année moyenne est déjà partie en fumée. À lui seul, l'incendie de Gironde a désormais dépassé les 30 000 hectares, effaçant largement le précédent record de Landiras en 2022 (20 800 ha). Il devient ainsi le deuxième plus grand incendie répertorié en France depuis le début des relevés, derrière l'immense feu des Landes de 1949, qui avaient ravagé environ 52 000 hectares. #incendies #gironde #lacanau #porge #FeuxDeForêt #incendies #FeuxDeForêt #climatique

La 4ᵉ canicule se dessine dès mardi. Reste désormais à en préciser la durée et l'intensité. Après avoir vécu le mois de juin le plus chaud jamais observé, la France s'apprête également à connaître son mois de juillet le plus chaud. Il est même probable que l'anomalie thermique de juillet dépasse encore celle de juin, pourtant déjà jugée exceptionnelle par de nombreux scientifiques. Avez-vous remarqué qu'on n'entend presque plus les climatosceptiques depuis deux mois ? Où sont passés les « c'est normal, c'est l'été » ? Après des décennies de désinformation, de manipulation et de détournement du débat, leur discours se heurte désormais à une réalité devenue difficile à nier. Ils ne nous manqueront pas. #canicule #climat #changementclimatique

Je constate des prairies desséchées, la défoliation des forêts, des cultures d’été en grande souffrance, comme le maïs, le soja, le tournesol, et des moissons d’hiver précoces qui contribuent à cette couleur.

Canicule et incendies : Ces chiffres qui illustrent la sécheresse « exceptionnelle » en France en 2026
www.20minutes.fr

En brûlant une partie de la canopée et en réduisant fortement la photosynthèse, la canicule et la sécheresse de juin 2026 ont impacté nos écosystèmes à des niveaux jamais vu (jusqu'à plus de 50 % de baisse de l'activité des feuilles, de la Vendée à la Bourgogne – carte 1), elles ont même transformé certains territoires en émetteurs nets de CO₂ (carte 2). C'est précisément ce que j'avais dénoncé le 21 juin en évoquant une sécheresse éclair de type Heat Wave Flash Drought (HWFD) (carte 4, issue de mon site AgroMétéorologie). Elle a bien eu lieu, avec des conséquences majeures. Selon les études d'attribution, le changement climatique d'origine anthropique a rendu cette canicule de juin 2026 plus de 10 000 fois plus probable (carte 3). Nos écosystèmes (forêts, cultures, prairies, mais aussi les océans) disposent de la technologie la plus efficace pour retirer le CO₂ de l'atmosphère : la photosynthèse. Elle n'est pas humaine, elle est végétale. Pourtant, face aux canicules, le débat public se concentre presque exclusivement sur la climatisation et l'adaptation des villes. À quel moment comprendrons-nous que la santé de nos écosystèmes est tout aussi essentielle que celle de nos espaces urbains ? J'espère qu'à l'avenir, lors des épisodes de canicule, nous parlerons autant de l'adaptation des villes que de celle de l'agriculture, des forêts et des écosystèmes. Ces résultats proviennent d'un travail exceptionnel réalisé par les chercheurs de l'IPSL. Soyons fiers de nos centres de recherche français. https://t.co/E2YfY4xsus #ChangementClimatique #Ecosystemes #Photosynthese