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Médias Citoyens

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Heureux que la Région wallonne investisse dans un P3 à l'UCLouvain — indispensable pour anticiper et lutter contre les pandémies — mais cet effort doit s'accompagner de transparence publique, de contrôles indépendants, de garanties strictes de biosécurité, de conditions de travail exemplaires et d'un partage international des savoirs et des vaccins pour que la recherche serve l'intérêt général et non des intérêts privés.

RENTRÉE DE FRANCE INTER : TÉLÉRAMA S’INSURGE CONTRE LE PLURALISME - Dans un article intitulé "Soni Mabrouk en majesté sur France Inter, Thomas Legrand banni d'Inter", le magazine culturel s’alarme d’une « inquiétante rentrée médiatique ». Pourquoi ? Parce que Sonia Mabrouk a rejoint BFMTV et a été invitée sur France Inter pour en parler et, surtout, parce que Charles Sapin, journaliste passé notamment par Le Figaro, Le Point et désormais directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, devient éditorialiste politique de la matinale dominicale de France Inter. Un choix que la direction de France Inter justifie, nous dit Télérama, au nom du « pluralisme ». Les guillemets employés autour du mot en disent déjà beaucoup. Comme si le pluralisme était une notion suspecte dès lors qu’il conduit le service public à ouvrir son antenne à une sensibilité conservatrice. LE PLURALISME, MAIS ENTRE SOI Car, à lire l’article, une étrange conception de la diversité des opinions se dessine. Pendant dix-huit ans, Thomas Legrand a pu être l’une des voix politiques de France Inter sans que Télérama y trouve particulièrement à redire. Qu’il se soit même vanté, en off, d’utiliser l’antenne d’une radio publique au service de ses combats politiques ne semble guère troubler le magazine. En revanche, l’arrivée de Charles Sapin, journaliste à Valeurs actuelles, pour une chronique hebdomadaire parmi de nombreux autres éditorialistes suffit à provoquer l’émoi et l’indignation de Télérama. Autrement dit, les nombreuses sensibilités de gauche présentes dans l’audiovisuel public seraient parfaitement légitimes et n’auraient jamais à justifier leur présence, tandis que les voix venues de la droite devraient, elles, sans cesse démontrer qu’elles ont le droit d’y être - comme si le pluralisme devenait suspect dès lors qu’il s’exerce réellement. LA DROITE COMME ANOMALIE Le traitement réservé à Sonia Mabrouk procède du même réflexe. Invitée par Benjamin Duhamel sur France Inter pour évoquer sa nouvelle émission sur BFMTV, la journaliste voit Télérama insister sur sa proximité avec des sensibilités conservatrices, dénoncer la « surreprésentation » d’invités « marqués à droite et à l’extrême droite » dans ses premières émissions et s’inquiéter de ses prises de position personnelles. On peut évidemment discuter ses choix éditoriaux, comme ceux de n’importe quel journaliste. Mais en quoi sa présence sur France Inter pour présenter et défendre sa nouvelle émission serait-elle problématique ? Faudrait-il considérer qu’une journaliste identifiée à droite n’a pas sa place sur une antenne du service public, même lorsqu’elle y est invitée pour être interrogée et confrontée à des questions ? Cette inquiétude paraît d’autant plus paradoxale que l’audiovisuel public a précisément vocation à refléter la diversité des courants de pensée et d’opinion. Le pluralisme ne consiste pas à tolérer ponctuellement celui qui pense différemment au sein d’un environnement idéologiquement homogène. Il suppose que des sensibilités différentes puissent être entendues, confrontées et, surtout, trouver durablement leur place à l’antenne. LE SECTARISME EN GUISE DE VIGILANCE C’est finalement ce qui frappe dans cet article : Télérama semble confondre vigilance démocratique et défense d’un entre-soi idéologique. C’est même précisément cela, le pluralisme. Le service public n’appartient ni à la gauche, ni à la droite, ni à une famille culturelle ou politique particulière. Il appartient à tous les Français, qui le financent et dont les opinions sont infiniment plus diverses que celles que certains voudraient entendre sur ses antennes. #Pluralisme #Média #FranceInter

FRANCE INTER : L’EMBARRASSANTE PROMOTION DE MERWANE BENLAZAR - France Inter vient de décider de confier une émission hebdomadaire à Merwane Benlazar. À partir du 30 août, l’humoriste animera chaque dimanche Chez la belle-famille, aux côtés de Mehdi Maïzi. Une véritable promotion pour celui qui n’était jusqu’ici que chroniqueur dans Zoom Zoom Zen. Le choix pourrait relever d’un simple pari éditorial si le parcours récent de Merwane Benlazar n’avait pas suscité une polémique autrement plus sérieuse que celle, souvent caricaturée, de sa barbe et de son bonnet. Car derrière les accusations parfois outrancières et les attaques racistes dont l’humoriste a incontestablement été victime subsistent des éléments beaucoup plus embarrassants. DES RÉFÉRENCES SALAFISTES En 2020, Merwane Benlazar a notamment relayé une publication du site salafislam, consacré à la diffusion d’une conception particulièrement rigoriste de l’islam. D’anciens messages publiés sur X témoignent par ailleurs d’une religiosité très présente, avec des références récurrentes à Allah, à la charia ou aux prescriptions religieuses. Au Sénat, en février 2025, Nathalie Goulet l’avait directement interpellé sur ce terrain, l'accusant de pratiquer « l’exégèse de la charia » et de recommander des « sites ouvertement salafistes ». Ces éléments ne permettent pas d’affirmer que Benlazar appartient à une organisation islamiste ou qu’il défend un projet d’islam politique. Ils rendent en revanche beaucoup plus difficile la présentation de toute cette affaire comme une simple polémique née de son apparence physique. UNE VISION DES FEMMES QUI INTERROGE Plus embarrassants encore sont certains de ses anciens messages concernant les femmes. « Ma meuf, elle tape des bises à des gars ça peut m’agacer », écrivait-il notamment. Dans un autre message : « Les meufs sans le ménage, vous seriez des grosses alors taisez-vous un peu ». Ou encore : « La place d’une femme est à la demeure auprès de son père. Crains ton Seigneur. » Cette dernière phrase aurait été une plaisanterie adressée à une amie, ce que celle-ci a elle-même confirmé. Le contexte doit donc être rappelé. Mais la multiplication de messages associant femmes, prescriptions religieuses, rapports entre les sexes et représentations particulièrement conservatrices mérite au minimum d’être interrogée. DE FRANCE 5 À… UNE PROMOTION SUR FRANCE INTER La controverse avait d’ailleurs été jugée suffisamment sérieuse pour que France Télévisions renonce en 2025 à poursuivre sa collaboration avec l’humoriste après son passage dans C à vous. France Inter avait fait exactement le choix inverse : non seulement maintenir Benlazar à l’antenne, mais défendre publiquement sa présence. Un an et demi plus tard, une étape supplémentaire est franchie. La radio publique ne se contente plus de le conserver parmi ses chroniqueurs : elle lui confie désormais une émission hebdomadaire. Sa directrice, Céline Pigalle, le considère comme « un des tout meilleurs humoristes de sa génération ». C’est précisément ce choix qui interroge. On peut combattre les attaques racistes dont Merwane Benlazar a été victime sans fermer les yeux sur ses propres écrits. On peut défendre sa liberté d’expression sans considérer que le service public est tenu de lui offrir toujours davantage d’exposition. Et l’on peut surtout se demander si des références religieuses rigoristes et des propos aussi dépréciatifs sur les femmes auraient bénéficié d’une telle indulgence s’ils avaient été tenus par une personnalité issue d’un autre univers idéologique. La question n’est donc pas de savoir si Merwane Benlazar a le droit de monter sur scène ou de faire rire son public. Évidemment qu’il l’a. La question est beaucoup plus simple : pourquoi le service public choisit-il aujourd’hui de le promouvoir ? #MerwaneBenlazar #FranceInter #LibertéDExpression