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#TraitéDeLisbonne

LA TRAHISON franche du traité de Lisbonne en 2007 a été possible parce que, précisément, elle n’a pas été vécue comme une trahison par ceux qui l’ont accomplie. SANS CULPABILITÉ. C’est peut-être le point le plus troublant. En 2005, le peuple français a rejeté le traité constitutionnel européen à 54,67 %. Puis, en 2007-2008, le traité de Lisbonne a été négocié et ratifié par voie parlementaire. Le Congrès a adopté la révision constitutionnelle préalable, puis l’Assemblée nationale et le Sénat ont autorisé la ratification. Pourquoi cela a-t-il été accepté ? La souveraineté populaire a été juridiquement dissociée de la souveraineté parlementaire. Le raisonnement était : les Français ont refusé un texte précis ; ils n’ont pas interdit au Parlement de ratifier un autre traité. C’est juridiquement défendable. Mais politiquement, c’est précisément ce qui a permis la trahison. Une partie majoritaire des élites considérait alors que le « non » était une erreur. Dès lors, le problème n’était plus : « Comment respecter ce que le peuple vient de décider ? » mais : « Comment poursuivre malgré ce vote l’objectif que nous estimons juste ? » La procédure parlementaire a rendu la chose presque invisible au citoyen. Subsitait encore à cette époque une croyance très profonde dans la légitimité des élites à conduire l’Histoire. La « culture du mépris » dans mon milieu d’origine allait de soi et n’était même questionnée. Ce n’était pas nécessairement du mépris conscient. C’était quelque chose de plus subtil et d’encore pire : la conviction que certaines décisions sont trop importantes, trop techniques ou trop européennes pour être réellement abandonnées aux #gueux - considérés avec un solide mépris comme « de l’humeur populaire ». Comment une démocratie peut-elle en arriver à considérer qu’un vote populaire est « une erreur » qu’il faut corriger ? Le vrai scandale démocratique est là. Quand le peuple vote mal, que fait une démocratie ? Elle change de politique. Ou bien elle change de peuple. En 2007-2008, le système n’a pas explicitement aboli le résultat de 2005. C’est encore pire : dans un entre soi élitaire hallucinant, il a trouvé une autre voie institutionnelle pour poursuivre une orientation que le référendum avait rejetée, barrée. Les débats parlementaires de l’époque montrent que cette question était parfaitement connue et explicitement discutée. C’est beaucoup plus vertigineux que la seule responsabilité de N. Sarkozy. Cela raconte une conception effarante de la démocratie de nos « élites » politico administratives - assez illibérale. Que nous sommes en train de balayer tranquillement. Jadis, le Gaullisme fit de même par deux fois. #gueux @RefCitoyen #Démocratie #Trahison #TraitéDeLisbonne