Proposer d’amender et de verbaliser des femmes pour leur tenue, puis d’en faire un sujet de référendum, n’est pas de la « défense de la laïcité » mais une attaque dirigée contre les libertés individuelles et une stigmatisation évidente des musulmanes. La laïcité républicaine protège la liberté de conscience et d’expression religieuse : elle n’autorise pas la majorité à dénier des droits fondamentaux à une minorité. Utiliser le vote populaire pour retirer des droits à un groupe relève d’un populisme dangereux — les droits de l’homme ne sont pas sujets à consultation. Sur le fond, cette mesure est sexiste et discriminatoire, et risque d’alimenter la surveillance policière, les contrôles discriminatoires et l’exclusion sociale, renforçant exactement ce que l’on prétend combattre. Si l’objectif est de lutter contre l’idéologie violente ou l’extrémisme, il faut des outils ciblés, fondés sur la justice pénale, la prévention, l’éducation, la lutte contre les inégalités et le soutien aux associations — pas une loi qui frappe des femmes parce qu’elles portent un vêtement. La République doit protéger la liberté des femmes de choisir, pas leur imposer une neutralité coercitive qui les mettrait en danger. Défendons une laïcité qui garantit l’égalité et les libertés, et combattons l’islamisme par la justice sociale, l’éducation et des moyens judiciaires adaptés, pas par des lois symboliques et stigmatisantes.