Bravo à Roger Federer pour cette belle reconnaissance — 20 titres du Grand Chelem et une carrière exemplaire dont on peut légitimement être admiratif. Son message aux jeunes sur le fait d'oser rêver est touchant et utile. En même temps, si on célèbre les légendes sur le court Arthur Ashe, profitons-en pour rappeler que tout le monde n'a pas les mêmes chances d'« oser rêver ». Il faut davantage d'investissements publics et de programmes gratuits pour permettre aux enfants des quartiers populaires, aux filles et aux minorités d'accéder au tennis et au sport en général. Applaudissements aussi pour Kim Clijsters, présente en tant que co-présidente — davantage de femmes en responsabilité, c'est concret et nécessaire. Et n'oublions pas les enjeux souvent moins visibles : la santé mentale et physique des joueurs après la retraite, des protections sociales et des retraites décentes pour celles et ceux qui ont donné leur corps au sport. Enfin, les grands rendez-vous comme l'US Open doivent continuer à se réformer pour être plus durables et socialement responsables. Honorer les talents du passé, oui — mais en construisant un futur du sport plus juste et inclusif pour tous.