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Matthieu Pigasse

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Matthieu Pigasse

La Banque de France vient de sortir gravement de son rôle, en intervenant dans le débat politique pour la première fois de son histoire. Elle vient ainsi de renoncer à son indépendance.  En attaquant officiellement une proposition politique, la « congélation » de la dette publique, elle franchit une ligne rouge. Son gouverneur ne peut plus prétendre incarner une quelconque neutralité, il doit en tirer les conséquences et partir. C’est d’autant plus grave que les trois arguments qu’il a donné sur RTL (« illégal, dangereux, et inutile ») sont trois mensonges. 1️⃣ « Illégal » ? C’est faux. L’article 123 interdit le financement direct des États. Il ne mentionne ni l’annulation ni la conversion de titres déjà acquis. Aucune décision de la CJUE ne les a déclarées illégales. Emmanuel Moulin transforme une interprétation contestée en interdiction écrite. De fait, cet article n’a pas empêché la BCE de créer de la monnaie pour absorber les déficits du Covid, avec un programme d’achats de dette publique de 1 850 milliards d’euros. Curieusement, les traités sont souples lorsqu’il faut sauver le système, mais rigides lorsqu’il faut protéger les populations. 2️⃣ « Dangereux» parce qu’inflationniste ? C’est faux. Annuler ou geler des titres déjà au bilan de la Banque de France ne crée évidemment, en soi, aucun euro supplémentaire et donc donc aucune inflation supplémentaire ! 3️⃣ « Inutile » parce que cela ne réduirait pas le déficit budgétaire ? Personne n’a bien sûr dit que cela le réduirait ! Mais geler près de 500 milliards de dette libère des marges de manœuvre financières massives. C’est autant de capital que l’État n’a plus à rembourser ni à refinancer. Quant au prétendu « trou » dans le bilan de la BCE, une congélation ne nécessite même pas d’annulation comptable. Le communiqué fait surtout un aveu spectaculaire : en six mois, l’État a remboursé 58 milliards d’euros de titres détenus par la Banque de France. Pour les rembourser, il doit emprunter à nouveau sur les marchés à des taux beaucoup plus élevés. Autrement dit, on remplace une dette détenue par une institution publique par une dette plus coûteuse détenue par les marchés. C’est précisément cette absurdité que la congélation permettrait d’empêcher. Une autre politique est possible. @banquedefrance @ericcoquerel #BanqueDeFrance #DettePublique #Économie

Le « Français de souche » est un mythe. Nous sommes tous des sangs mêlés. De quelle souche d’ailleurs parlez-vous exactement, @MarionMarechal ? Notre histoire est faite de Gaulois, de Celtes, de Grecs, de Francs, de Scandinaves, de Burgondes, d’Alamans. Elle est aussi italienne, algérienne, portugaise, polonaise, sénégalaise, marocaine, congolaise… La France n’a jamais été une construction ethnique. Elle n’est pas née d’un peuple chimiquement pur, qui aurait traversé les siècles sans jamais se mélanger aux autres. Elle s’est faite par les migrations, les invasions, les exils, les rencontres, les mariages, les échanges, les cultures qui se croisent et les générations qui se succèdent. Chercher une « souche » française, c’est chercher une France qui n’a jamais existé. Michelet appelait à « chasser la race de notre histoire ». Renan définissait la nation comme « un plébiscite de tous les jours » : non pas une race, non pas une origine, mais une volonté commune, un consentement, un désir de vivre ensemble. La nation française est une construction politique, pas biologique. Il n’existe pas de pureté originelle française. Il y a une histoire commune, celle du mélange. Et cette histoire, il faut l’assumer tout entière. La France a rayonné, créé, émancipé. Elle a aussi colonisé, conquis des territoires par la force, déplacé des frontières et des peuples. On ne peut pas célébrer son histoire quand cela arrange et effacer celles et ceux que cette même histoire a liés à nous. Regarder notre histoire en face, c’est reconnaître ces liens. C’est accueillir et respecter celles et ceux qui en sont aussi les héritiers, tous ceux qu’elle a faits français, tous ceux qu’elle a conduits jusqu’à nous et tous ceux qui, génération après génération, ont fait la France. On n’est pas français par le sang. On est français parce qu’on appartient à une histoire commune et qu’on choisit d’en construire l’avenir ensemble. La France n’est pas une origine. La France est une idée. Être français, c’est une volonté, une promesse, un avenir partagé. Vous parlez de souche. Je parle de peuple. @RNational_off #Identité #Diversité #France

Le journalisme, ce sont des faits. Sinon, cela porte un autre nom. @SoMabrouk dit : « il n’a pas été question d’annulation sur la dette grecque ». En 2012, 106 milliards d’euros de dette ont été annulés. Près de 75% de décote en valeur économique sur la dette détenue par les créanciers privés. Les créanciers publics ont eux-mêmes allégé leur créance en valeur économique, par des maturités étalées sur plus de 30 ans et des taux réduits — un allègement d’environ 50 % en valeur actuelle nette. Et la bataille fut précisément politique : obtenir l’annulation la plus élevée possible pour alléger la dette et limiter le plus possible l’ajustement budgétaire imposé à la Grèce. Quant à l’origine de la crise : le gouvernement de gauche de Papandréou avait hérité en 2009 de comptes dont le déficit avait été gravement sous-estimé par le gouvernement conservateur précédent. On ne peut bien sûr pas comparer des situations qui ne sont pas comparables. Mais on peut débattre de tout. Encore faut-il commencer par connaître les faits. @BFMTV #Journalisme #Dette #Grèce

Avant de qualifier un débat économique « d’idiot », @ojblanchard1, un peu de modestie intellectuelle ne nuit jamais. Surtout lorsqu’on a été le chef économiste du FMI, responsable des ravages de l’austérité en Grèce. Petit rappel : vous vous êtes trompé lourdement en Grèce sur ce que l'on appelle le multiplicateur budgétaire - ce que vous n'avez reconnu qu’après. Cela signifie que vous avez gravement sous-évalué les effets récessifs de l'austérité budgétaire que vous avez imposée au pays.  En 2010, votre programme FMI/UE prévoyait une contraction du PIB grec de 6,6% sur 2 ans puis un retour de la croissance. En réalité, le PIB grec s'est effondré de 22% en 4 ans, ce que le FMI a lui-même décrit comme l’une des plus profondes récessions en temps de paix. Un autre chiffre ? Vous prévoyiez moins de 15% de chômage en 2012, il a en réalité atteint près de 30% et plus de 60% chez les jeunes.  Je rappelle cet épisode non pour personnaliser le débat, mais parce qu’il devrait précisément nous prémunir contre les affirmations selon lesquelles une question macroéconomique complexe serait une « simple question d’arithmétique ». Venons-en donc à la dette détenue par l’Eurosystème. Vous dites "cela ne changerait rien". C’est précisément ce même raisonnement, "aucun effet", qui vous a conduit à sous-estimer le multiplicateur budgétaire grec. Selon vous, "cela ne changerait rien" parce que les intérêts économisés par le Trésor seraient exactement compensés par une diminution des profits de la Banque de France reversés à l’État. C’est, parfois, vrai d’un point de vue comptable, mais faux économiquement. Or ce qui compte, ce n’est pas la comptabilité, c’est la vie des gens.  Premier point : la nature du passif change. Quand l’Eurosystème achète de la dette publique française, il transforme la structure du passif consolidé du secteur public : à une dette obligataire correspond désormais un passif monétaire liquide, sous forme de réserves bancaires. Ces deux passifs n’ont pas les mêmes caractéristiques. L’obligation doit être refinancée à son échéance et son coût est déterminé lors de son émission ; les réserves n’ont pas la même maturité et leur rémunération dépend des décisions de politique monétaire de la BCE. Dire que cette différence est sans importance au seul motif qu’actifs et passifs peuvent être consolidés revient à confondre comptabilité et économie.  Deuxième point : les intérêts versés par l’État à la Banque de France ne lui reviennent pas mécaniquement et intégralement sous forme de dividendes. Le résultat d’une banque centrale dépend à la fois du rendement de ses actifs et du coût de ses passifs. L’expérience récente l’illustre parfaitement : avec la hausse des taux, les banques centrales de l’Eurosystème ont dû rémunérer beaucoup plus cher les réserves bancaires alors qu’elles détenaient des obligations anciennes acquises à des taux faibles. L’effet financier pour le secteur public consolidé dépend de la rémunération respective de la dette obligataire et des réserves, de leur maturité, de la politique future des taux et de l’évolution du bilan de la banque centrale. "1 euro d’intérêt annulé" n'est donc pas égal à "1 euro de dividende perdu pour toujours".  La Banque de France n’a d’ailleurs versé aucun dividende à l’État depuis 2022, alors même qu’elle continuait à percevoir les revenus des titres publics qu’elle détenait. Troisième point : vous ne parlez que des flux, et vous oubliez le stock et son refinancement. L’Eurosystème détient encore des centaines de milliards d’euros de dette française achetée à l’époque des taux nuls ou très faibles. Ces titres arrivent progressivement à échéance. S’ils ne sont pas réinvestis par l’Eurosystème, l’État doit les refinancer sur les marchés, aujourd’hui à des taux beaucoup plus élevés, supérieurs à 4%. L’annulation change cette situation : le Trésor n’a plus à rembourser ces titres à leur échéance, ni à lever la somme correspondante sur les marchés. #Économie #Austérité #Dette

Magnifique résumé de ce qu’est le RN 🤡😂 Le 24 juin, @JphTanguy expliquait au micro de @Ben_Duhamel sur France Inter que j’avais raison et que cette proposition constituait une « révolution ». Aujourd’hui, Jordan Bardella dit le contraire. Et soudain, Jean-Philippe Tanguy découvre que je n’aurais finalement « aucun argument économique » et la révolution est devenue un « élément de langage médiocre » … Économie pour les nuls, suite : annuler des titres de dette publique détenus par la banque centrale revient à transformer cette dette en création monétaire permanente. C’est possible et c’est précisément ce que je dis et écris depuis des années. Le RN, c’est aucune ligne politique, aucune conviction, aucun raisonnement, des contradictions permanentes, et des positions économiques qui changent selon les jours, les chefs et les besoins du moment.@RNational_off @J_Bardella #politique #économie #RN

Vous ne comprenez décidément rien à l’économie, @MLP_officiel, un peu comme @J_Bardella qui donne des cours de géopolitique entre deux TikTok. C’est gênant quand on prétend gouverner Petite remise à niveau d’économie : mon rôle est l’exact inverse de ce que vous décrivez. C’est d’effacer une partie de la dette publique, de lutter contre les spéculateurs et les fonds vautours, pour redonner de l’air et du pouvoir de vivre au peuple vénézuélien. Vous confondez spéculation et restructuration de dette, exactement comme certains confondent patriotisme et détournement de fonds publics. #Économie #DettePublique #Venezuela