Il est toujours intéressant de savoir qui parle et d’où. Et le cas de la bien nommée madame Barbut pique un peu. Ministre de la Transition écologique depuis octobre 2025, elle a, comme la loi l’y oblige, déposé ses déclarations de patrimoine et d’intérêts auprès de la HATVP. Celles-ci révèlent un portefeuille d’actions de 153 000 euros dans une vingtaine d’entreprises via un PEA, ainsi que des fonctions passées rémunérées ou bénévoles (présidente du WWF France, conseils d’administration chez ETHIFINANCE, GREENBACK et ABI, consultante occasionnelle chez Veolia). La HATVP a validé l’ensemble… sans imposer de déports spécifiques sur ces participations, contrairement à d’autres ministres. Le principal risque porte sur les actions détenues dans des secteurs directement concernés par les politiques écologiques : Airbus, Thales et Dassault dans l’aéronautique et la défense (émissions et normes), BNP Paribas et d’autres banques (financement des fossiles), Air Liquide, Iberdrola et TotalEnergies (énergie, avec disparition de cette dernière ligne entre les différentes versions de déclaration), Zara/Inditex (fast fashion), LVMH, L’Oréal ou Pernod Ricard (consommation et luxe). Même gérées par un tiers, ces participations créent un intérêt économique indirect : des décisions sur les émissions, les taxes carbone, les normes environnementales ou les subventions peuvent influencer la valeur du portefeuille. Les irrégularités aggravent le problème. La première déclaration sous-estimait la valeur des actions (seule la moitié environ) et incluait TotalEnergies, absent ensuite. Ces incohérences, révélées par des enquêtes, ont nécessité une version modificative et soulèvent des questions de transparence, sans explications détaillées du cabinet ou de la HATVP. Son passé professionnel ajoute des tensions : présidente du WWF (ONG critiquée pour ses partenariats corporate et ses positions anti-nucléaires), mandats rémunérés dans la finance durable ou l’environnement, et missions comme envoyée spéciale de Macron. Le passage d’une ligne anti-nucléaire à un soutien au mix énergétique actuel peut apparaître comme une adaptation opportuniste. La HATVP n’a pas exigé de récusations formelles, et la ministre n’en prévoit pas. Cela respecte formellement le cadre légal, mais crée une perception de conflit structurel entre intérêts privés et mission publique. Cela crée à tout le moins une dissonance forte avec le rôle de ministre de l’Écologie, même si aucun élément ne constitue à ce stade une illégalité avérée. #Transparence #Écologie #ConflitDIntérêts
