Renaud s’inscrit dans cette culture post-68, au même titre que Dupont Lajoie, Cabu et bien d’autres, qui a méprisé et tourné en dérision le Français ordinaire, réduit au beauf borné, raciste et réactionnaire, alors même qu’il subissait de plein fouet la désindustrialisation et les débuts du chômage de masse. Même sa critique de la bourgeoisie restait bourgeoise : elle exprimait le regard d’une nouvelle bourgeoisie culturelle de gauche qui, en attaquant l’ancienne bourgeoisie catholique, militaire, provinciale et conservatrice, accompagnait sa propre prise de pouvoir. Renaud a moins combattu la domination bourgeoise qu’il n’a participé au remplacement d’une élite par une autre, annonçant déjà la gauche Jack Lang, la gauche Télérama et certains réflexes du wokisme. On peut aimer ses chansons, reconnaître son talent d’écriture et sa musicalité comme on peut lire des salauds. Mais cela n’oblige pas à avoir la moindre indulgence pour ce qu’il a représenté humainement et politiquement. #Culture #Politique #Musique



