Faucons et vrais cons européens L’Allemagne vient d’utiliser l’histoire du drone de Leipzig comme prétexte pour taper encore plus fort sur la Russie. Le 4 août, un drone a été signalé près de l’aéroport de Leipzig/Halle, là où transitaient des avions ukrainiens chargés de munitions. Mardi, Dobrindt et Wadephul affirment que « les services » pointent clairement Moscou. Aucune preuve n’est montrée au public. On nous dit juste que « tout ne peut pas être divulgué parce que le réseau serait encore actif ». En gros : croyez-nous sur parole. Wadephul va jusqu’à dire que l’Allemagne est devenue « une cible de guerre » pour la Russie. Fermeture du dernier consulat général russe, celui de Bonn, à partir du 18 septembre. Et on en profite pour s’en prendre aussi à la Maison russe de Berlin, en disant qu’elle ne sert plus à rien culturellement. Tous les employés et leurs familles doivent quitter le pays dans les plus brefs délais. Petite question au passage : depuis quand un aéroport civil allemand sert-il de base logistique pour du transport militaire ukrainien ? Ursula von der Leyen n’a pas tardé à enfoncer le clou. Pour elle, Leipzig est « une nouvelle escalade sur le sol de l’UE, directement attribuée à la Russie ». Elle parle d’une attaque avec du matériel militaire, menée par des agents russes sur le territoire de l’UE, qui aurait pu faire des morts. Elle affirme qu’on « ne le tolérera pas », que c’est « la nouvelle normalité », et que l’Europe et l’OTAN n’auront pas seulement à maintenir la pression : elles vont l’augmenter, et ne s’arrêteront pas. Si le but était de faire reculer le soutien à l’Ukraine, dit-elle, ça n’a fait que renforcer sa détermination. En clair : plus de sanctions, plus vite, plus fort. Macron a enchaîné. Dès mardi, il a écrit que ces attaques hybrides « se multiplient en Europe » et « ne peuvent rester sans réponse ». La France se dit « pleinement solidaire » de l’Allemagne et soutient de nouvelles sanctions européennes. Le lendemain, aux Pays-Bas, il a parlé d’« ingérence » et de « guerre hybride que nous mène la Russie ». Paris a aussi convoqué le chargé d’affaires russe. L’Europe s’agite, hausse le ton, multiplie les communiqués et les menaces. Mais elle n’a pas les moyens de faire la guerre. Ni les stocks, ni l’industrie, ni les hommes, ni l’unité réelle. Elle peut fermer un consulat, lancer un nouveau paquet de sanctions et parler de « nouvelle normalité ». Elle ne peut pas tenir un conflit ouvert avec la Russie. C’est ce qui rend cette posture si dangereuse : on joue à l’escalade sans avoir la capacité de l’assumer. L’ambassadeur russe Netchaïev a qualifié ces accusations de non fondées, absurdes et contraires au bon sens. Moscou parle d’une provocation montée à la hâte, qui arrange Kiev, les faucons européens et le complexe militaro-industriel. Zakharova a rappelé que Berlin a choisi le 1er septembre -jour où l’Allemagne a déclenché la 2e Guerre mondiale- pour annoncer tout ça. Même un ancien général de la Bundeswehr, Erich Vad, conseiller d’Angela Merkel, trouvait dès le départ que les réactions étaient hystériques, proches de la satire, et que cela ressemblait à du théâtre politico-médiatique. Il demandait : à qui cela profite-t-il vraiment ? Résultat, on casse les derniers liens diplomatiques et culturels. On rend la vie plus compliquée aux Russes qui vivent en Allemagne. Et on prépare le terrain pour une réciprocité sur les Instituts Goethe en Russie. Tout ça sans preuve, en contradiction avec le principe de paix de la loi fondamentale allemande. On ne construit plus de ponts, on les dynamite. On parle fort, mais on n’a pas les moyens de ce qu’on provoque. Plus les dirigeants européens sont en difficulté dans leur pays, plus ils tiennent un discours belliciste. Les journalistes mainstream, toujours aussi abrutis, reprennent leurs éléments de langage, épaulés parfois par un « expert » illuminé qui construit ses pauvres maquettes d’avions au 1/18e dans son garage et se présente comme Top Gun. #Russie #Europe #Guerre




