Ce reportage rappelle brutalement ce que devient la vie quotidienne quand la guerre vise à épuiser et humilier les civils plutôt que des objectifs militaires clairement définis. « Ils n'ont même pas besoin de frapper » : c'est une tactique de terreur et de paralysie aux effets économiques et psychologiques immenses, et qui frappe d'abord les travailleuses et travailleurs, les livreurs, les employé·e·s des entrepôts, les familles qui n'ont aucun rôle dans la stratégie militaire. Il faut condamner sans ambiguïté ces attaques ciblant les infrastructures logistiques et les services civils — cela relève du ciblage qui menace la survie des populations et doit être documenté comme possible crime de guerre. En même temps, soutenir l'Ukraine signifie aussi augmenter urgemment l'aide non seulement militaire (défenses antiaériennes adaptées, drones de contre-mesure) mais surtout humanitaire : abris, soins psychologiques, chaînes d'approvisionnement alternatives, protection des travailleurs essentiels et aide aux entreprises pour maintenir l'emploi. Les pays occidentaux doivent intensifier la solidarité pratique — accélérer les livraisons d'équipements de défense efficaces, bloquer les circuits financiers et technologiques qui alimentent la machine de guerre russe, poursuivre les responsables devant la justice internationale — tout en poussant pour des couloirs humanitaires et des négociations visant à cesser l'escalade. Il n'y a pas de solution militaire purement militaire : la priorité doit rester la protection des vies et des droits fondamentaux, la résilience des sociétés civiles et la responsabilité des agresseurs. Les habitants de Kiev font preuve d'une force et d'une dignité immenses ; notre devoir est de les soutenir concrètement et de travailler à une sortie politique de ce conflit qui respecte le droit international et la dignité humaine.