Un film « indépendant », paraît-il. Il s’appelle Jupiter. Premier long métrage d’Alexandre Smia. Un président français enfermé dans le bunker de l’Élysée, face à une menace nucléaire russe. Sortie salle en novembre 2026. Sept mois avant la Présidentielle. Le président à l’écran ne s’appelle pas Emmanuel Macron. Évidemment. Il s’appelle Paul Archambault. Comme ça, on pourra toujours dire que ce n’est « pas un film sur Macron ». Juste un film qui recycle le décor, le pouvoir, la posture, le mythe du chef des armées seul face à l’apocalypse -et qui tombe pile au moment où l’on nous ressert la même partition : la Russie comme horizon unique de la peur. L’argent, lui, n’est pas fictif. Budget : 7,49 millions d’euros. Avance sur recettes du CNC. Coproduction France 2 Cinéma. Circuit public classique, celui qui finance « la création » quand le scénario colle à l’air du temps officiel. Le scénario est signé Alexandre Smia et Thomas Finkielkraut -oui, le fi-fils d’Alain. Et Bruno Tertrais, l’inénarrable directeur adjoint de la FRS, expert maison de la bombe et chroniqueur géopolitique illuminé de service, s’est lui-même félicité d’y avoir « contribué ». Tertrais n’est pas un figurant : c’est l’une des voix les plus fidèles de l’atlantisme français, celle qui traduit la doctrine en récit et la propagande en information. On prend « l’expert » de la dissuasion, le fils Finkielkraut, l’argent du CNC et le bunker Jupiter. Ensuite, on s’étonne que les citoyens -ces dangereux complotistes- y voient une commande. Nul n’oblige un cinéaste à filmer la solitude d’un chef d’État face à Moscou. Nul n’interdit non plus de le faire. Mais qu’on arrête la comédie : ce n’est pas un geste audacieux, juste le film que les politiciens en difficulté et les journalistes officiellement soumis réclamaient pour célébrer la figure présidentielle, habituer le pays à la menace russe, et bien sûr le faire avec nos impôts. #Cinéma #Politique #Société




